Elément délaissé du patrimoine floral mauricien, ces dernières années, le Pandanus nous a, pourtant été, pendant longtemps, d’une grande utilité. Plus connues dans l’île sous son nom usuel de Vacoas, les feuilles de cette plante de la famille des Pandanacées ont, surtout, à l’origine, servi au tissage de sacs pour l’emballage du sucre. Alors qu’il est question d’interdire l’usage de sacs en plastique, le Pandanus rêve de renaissance. Mais encore faut-il que les conditions soient réunies…
Selon les recherches d’archives, il est rapporté que le Pandanus, plante de la famille des Pandanacées n’a pas été introduite à Maurice. A l’arrivée des premiers colonisateurs hollandais au XVIème siècle, en tout cas, cette plante plus connue chez nous sous son nom usuel de Vacoas poussait de manière abondante tant sur le littoral qu’ailleurs, plus à l’intérieur dans l’île, aux abords des rivières et autres zones humides.
On raconte, à ce propos, que ce n’est pas par coïncidence que le plus grand réservoir construit à Maurice à l’emplacement d’une grande forêt humide qui comprenait un nombre important d’espèces de Pandanus endémiques a été baptisé Mare-aux-Vacoas. De la vingtaine de variétés de Pandanus endémiques recensées, au départ, à Maurice, neuf espèces ont disparu, victimes du développement.
Outre son utilité naturelle dans la lutte contre l’érosion du sol grâce à ses fortes racines, le Vacoas à Maurice a toujours servi à l’artisanat utilitaire. Aussi loin que jusqu’en 1829, en effet, les feuilles traitées de cette plante ont été utilisées pour le tissage de sacs devant servir à l’emballage du sucre à être embarqué à Vieux Grand-Port.
Mais bien plus près de chez nous, voici seulement quelques décennies, avant que les sacs en plastique ne viennent polluer le marché, les moins jeunes se souviennent, surtout, des fameux “tant bazar” autrement plus solides et, surtout, biodégradables.
Dans le petit village chargé d’Histoire du Vieux Grand-Port, une équipe d’artisans regroupés au sein de l’Association des Artisans-Planteurs de Pandanus du Sud-Est se bat depuis une douzaine d’années, avec l’aide technique du Mouvement Pour l’Autosuffisance Alimentaire (MAA), en vue d’une renaissance de cet art délaissé du tissage du Vacoas.
L’association regroupe, entre autres, de jeunes ouvrières d’usines victimes de licenciements économiques. Issus de petits villages avoisinants dont Bois-des-Amourettes, Bambous-Vérieux, Petit Bel-Air et Grand-Sable, certains de ces artisans ont hérité cet art de leurs parents. Depuis ses origines dans l’île, le tissage du Vacoas s’est, en effet, transmis d’une génération à l’autre.
Sac d’écolier pour le transport du petit déjeuner, éventail, coffre à bijoux, classeur pour dossiers, tapis de prière, boîte à mouchoirs : une fois la technique de tissage bien maîtrisée, rien n’empêche, de fil en anguille, au Vacoas de se modeler en produits utiles à l’usage ou agréables à la vue.
Avec l’aide de sponsors, à savoir, l’UNDP-GEF, le Groupe FAIL, la MCB Forward Foundation et le Blue Penny Museum, l’association est en voie de compléter l’aménagement de son centre-atelier qui sera, prochainement, inauguré. Centre où les visiteurs verront à l’oeuvre les artisans et qui comprendra, en annexe, un petit musée didactique retraçant l’Histoire de cet élément du patrimoine floral mauricien.
Situé à moins d’une encablure du musée des Hollandais, Fredrick Hendrick et de l’église Notre-Dame-du-Grand-Pouvoir, plus vieux lieu de culte catholique de l’île, ce Pandanus Hub devrait, logiquement, être, à l’avenir, un autre lieu d’escale pour, entre autres, les touristes de passage au Vieux Grand-Port.