Onze groupes se sont inscrits au concours de chants folkloriques de noces hindous prévu pour ce dimanche au Shivala Hall de Petit-Raffray, à partir de 8 heures du matin. Une initiative de trois organisations socioculturelles de la région : Sri Satya Sai Devotional Group et Shri Ramchandreshwarnath Shivalaye de Petit-Raffray, et Sharda Ramayan Mandali de Plaine-des-Papayes.
L’objectif de cette manifestation consiste à préserver ce patrimoine intangible issue de l’immigration indienne et qui est en déperdition. Si dans le passé, cette richesse se transmettait de mère en fille, aujourd’hui, elle devient de plus en plus rare et les jeunes sont encouragées à s’y intéresser.
Pour le concours, les onze groupes proposeront des morceaux chantés du vendredi jusqu’au lendemain d’un mariage hindou, fait ressortir Sarita Boodhoo, la directrice de la Mauritius Bhojpuri Institute, organisme qui soutient l’initiative. Elle indique qu’aujourd’hui, il y a de moins en moins de chansons et moins de personnes qui y sont engagées. Par conséquent, les femmes s’organisent différemment.
Mme Boodhoo indique que « ce moment tant attendu la veille d’un mariage, soit le Geet Gawai, commence par le Mahadev : les femmes font d’abord une offrande à la déesse du crépuscule pour lui demander de bénir la famille des deux nouveaux mariés. Il y a cinq chansons de Mahadev. On raconte l’histoire d’amour entre Mahadev et son épouse Parvati ou Gauri. Puis le Geet Gawai commence à 20 heures, fait ressortir Mme Boodhoo, et dure deux heures. Pendant ce temps, on sert le thé, le pakora… Après le Geet Gawai, la soirée se poursuit avec le Jhumar : chants et danses font allusions à l’amour et au sexe ». Notre interlocutrice affirme que si de nombreuses chansons de Jhumar sont traditionnelles, au fil des années, celles-ci sont mises au goût du jour.
Sarita Boodhoo indique que dimanche prochain sera l’occasion pour les invités d’assister à la simulation d’un mariage hindou avec des sketches qui accompagneront les chansons. « Il y a quinze ans de cela, les femmes chantaient et dansaient à l’intérieur des maisons, les hommes n’y étaient alors pas admis. Aujourd’hui, les choses ont changé », fait-elle ressortir.
À noter que ce concours en est à sa deuxième édition. La première a eu lieu il y a quatre ans. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’engagement de Maurice de sauvegarder son patrimoine intangible.