Leurs scènes aux planchers en bois et au rideau rouge, couleur passion, auront marqué l’histoire culturelle du pays. D’abord membres du public, les comédiens et metteurs en scène Gaston Valayden, Maryse d’Espaignet et Gérard Sullivan ont par la suite foulé les planches du Théâtre de Port-Louis et du Plaza, avant leur fermeture. Aujourd’hui, alors que responsables municipaux et ministres évoquent une fois encore sans grande conviction la rénovation de ces patrimoines, ces artistes content leurs souvenirs de ces lieux mythiques. Au Plaza plane le souvenir de Serge Constantin, des spectacles tels que Broadway et West Side Story et les concerts d’artistes d’ici et d’ailleurs. Alors que sur la scène du théâtre de Port-Louis, nos interlocuteurs évoquent Zeneral Macbeth et la naissance de la pièce en créole mauricien Zozef ek so palto larkansiel.
“La scène du Plaza est un musée avec un passé énorme”, affirme le père Gérard Sullivan. Comptant plus de 40 ans de carrière dans le milieu théâtral, il évoque ses souvenirs d’un espace de créativité, si bien gardé par Serge Constantin.
“Lorsque je repense au Plaza, je revois l’atelier de ce grand homme. Je le revois assis à son bureau avec au-dessus de lui, un pain attaché à une ficelle. Ce pain, Serge l’a gardé pendant des années. C’était pour lui, un symbole de nourriture, du temps et de l’esprit. Un symbole qui avait un parfum spécial et inoubliable”, souligne le metteur en scène de Zozef ek so palto larkansiel.
Pour Maryse d’Espaignet, qui compte également plus de 40 ans dans ce domaine, son souvenir le plus fort est l’odeur des coulisses. Cette odeur, les craquements du plancher, qui provoquent une montée d’adrénaline. “C’était exaltant de se produire sur cette scène. En tant que comédien, on avait l’impression d’avoir la possibilité d’amener le public là où on le voulait”, confie l’ex-comédienne et interprète d’Antigone.