Peu de gens connaissent la très vieille “mosquée cassée”, construite en 1884 par des immigrants indiens à Mare-aux-Goyaves à Camp-de-Masque-Pavé. Elle était tombée en ruines depuis de très nombreuses années jusqu’à ce que le couple Peerkhan, qui est dans les affaires, la découvre il y a six mois par le biais d’un de ses employés. Un nouveau lieu de prières est ainsi en construction sur le terrain gardant le cachet original de l’ancienne mosquée. Elle sera prête le mois prochain.
« Des habitants nous ont raconté qu’on entendait souvent des voix qui chantaient les louanges d’Allah ou l’appel à la prière venant de cette ancienne mosquée », nous indique Swaley Peerkhan lors d’une visite du site au fin fond du village de Camp-de-Masque Pavé, où les travaux sont très avancés.
« Je pense qu’on ne peut laisser en ruines et disparaître un tel patrimoine. Je suis cependant étonné que nul ne se soit soucié de son état ces dernières années et ce, même si certaines personnes à qui j’ai parlé de ma démarche semblaient bien connaître cette mosquée en ruines », lâche-t-il. Ses recherches auprès de la Jummah Mosque confirment que la “mosquée cassée” est l’une des plus vieilles de l’île.
En se rendant sur les lieux pour la première fois, Swaley Peerkhan constate qu’une famille de deux personnes, une vieille dame et sa fille, habitait dans une vieille petite maison située à l’arrière de l’édifice en ruines. « J’ai cru comprendre qu’elles avaient obtenu le terrain sur lequel était construit la mosquée et leur maison sur prescription il y a de nombreuses années. »
M. Peerkhan achète alors le terrain d’une superficie de 16 perches, y fait construire une jolie petite maison en béton pour la vieille dame et sa fille et conserve l’espace sur lequel se trouvent les ruines de l’ancienne mosquée pour en bâtir une nouvelle. Un terrain avoisinant d’une superficie de 80 perches environ est acquis dans le but d’aménager un parking pour voitures.
En nettoyant les ruines, les Peerkhan découvrent le “mimbar” (autel) enfoui sous terre mais toujours en bon état, des objets cultuels et le lieu où l’on faisait les ablutions avec à ses côtés un bassin d’eau. « Ce qui m’a énormément réconforté dans ma démarche visant à refaire vivre cette mosquée », explique M. Peerkhan.
Les travaux à Mare-aux-Goyaves s’accélèrent. Tout est refait dans le style ancien. Le crépissage également. Les anciennes pierres sont laissées à leurs places, de même que l’ancien édifice qui est renforcé par du béton afin qu’il ne cède pas et permet ainsi d’identifier la “mosquée cassée”.
Sur le plan financier, la famille n’a sollicité aucune aide. Elle accueille toutefois les dons des personnes souhaitant apporter leur contribution au projet de faire revivre l’ancienne mosquée.
Les Peerkhan ne comptent pas en faire une mosquée dans le vrai sens du terme, mais plutôt un lieu de prières pour les voyageurs qu’ils appelleront “Baba Khan Ibaadat Khana”. Le lieu ne sera attaché à aucune société particulière car ils souhaitent que les gens n’y viennent que pour dire leurs prières et non pas pour discuter d’autres choses.
« Il n’y aura également pas d’imam attitré car je ne souhaite vraiment pas qu’il y ait des controverses dans les prières. Tous sont les bienvenus et ce, de n’importe quelle école de pensée », fait ressortir Swaley Peerkhan.
À Flacq, on connaît très bien Swaley Peerkhan qui a débuté très modestement dans le textile pour devenir un homme d’affaires qui a réussi. Avec son épouse Mimi, il dirige aujourd’hui SIMS, une entreprise florissante qui a des intérêts dans le textile, l’immobilier et les voyages, entre autres.