Depuis vendredi après-midi, le gouvernement procède en catimini à la destruction du bâtiment de la “School” sise à la rue Edith Cavell. Samedi matin, les activistes des ong SOS Patrimoine en Péril et Save Our Heritage ont essayé d’obtenir une injonction pour faire stopper les travaux de démolition. N’octroyant pas d’injonction, la juge Devat Ogarah a convoqué toutes les parties en Cour suprême, demain lundi à 10h.
L’ancienne “School” est un bâtiment en bois qui serait, selon SOS Patrimoine en Péril,  “vraisemblablement le plus vieux bâtiment civil en bois de Maurice et l’un des plus vieux des Mascareignes, remontant aux alentours de 1780. D’influence française, il présente déjà toutes les caractéristiques de la maison créole, qui évoluera par la suite avec des varangues. En cela, il est un élément marquant de l’histoire de l’architecture.” Ce bâtiment hébergea un temps le Collège Royal de Port-Louis avant de devenir le bureau de l’Éducation du ministère du même nom, au siècle dernier. Depuis quelques années, le gouvernement voulait faire détruire le bâtiment et utiliser le terrain pour y faire construire une nouvelle magistrature. Ce projet a été combattu par les organisations non-gouvernementales (ONG) engagées dans la défense de ce qui reste du patrimoine architectural de la capitale. C’est, sans doute, pour éviter les manifestations des ONG que le gouvernement a décidé de procéder en catimini aux travaux de destruction. Ils ont commencé, vendredi presqu’en début de soirée, après la fermeture des bureaux, sans respecter les procédures.
En effet, il faut afficher le permis de démolition, le nom de l’entreprise chargée du travail et le nom du commanditaire devant le site des travaux. Ce qui n’a pas été fait. Par ailleurs, le National Heritage Fund, qui doit donner son avis dans les cas de démolition de bâtiments  historiques, n’a même pas été consulté au préalable. Dès vendredi soir, les défenseurs du patrimoine se mobilisent pour organiser la riposte. Samedi matin, ils décident de demander un jugement interlocutoire pour faire stopper les travaux de démolition. Me Roshan Rajroop fait rédiger une plainte au nom des ong SOS Patrtimoine en Péril et Save Our Heritage, et contacte la juge Devat Ogarah à son domicile. En milieu de journée  et après avoir écouté le représentant des plaignants, la juge n’émet pas d’ordre interlocutoire pour stopper les travaux, mais convoque les parties concernées en Cour suprême pour écouter leurs explications. Sont donc convoqués en Cour, lundi matin, les représentants du ministère des Infrastructures publiques, ceux de l’Éducation ainsi que ceux du National Heritage Fund, du ministère de la Culture et de la municipalité de Port-Louis.