Le bâtiment abritant le musée naval de Mahébourg date de la fin du 18e siècle. Avec sa grande varangue, ses grands volets et son toit incliné, cette vieille bâtisse coloniale dégage un charme unique. Mais l’infrastructure n’est plus adaptée aux nécessités d’un musée moderne. Ainsi, dans quelque temps, le bâtiment muséal subira une rénovation complète. Les travaux devront démarrer bientôt.

Le toit et la charpente qui s’effritent, le plancher qui craque sous les pas… Au Musée de Mahébourg, ces dégâts suffisent à inquiéter, surtout quand le toit, rongé par l’usure du temps, laisse couler la pluie. Cette année, les autorités vont s’efforcer de redonner à ce lieu son lustre de jadis. Selon Anjuli Hurry, attachée de presse au ministère des Arts et de la Culture, la rénovation ayant nécessité un investissement de Rs 7 M, concernera principalement la consolidation de la toiture, des bardeaux, les revêtements du sol et la peinture. « Les travaux vont démarrer à la réouverture du musée d’histoire naturelle à Port-Louis, car on ne peut pas fermer deux musées nationaux en même temps », dit-elle. Ainsi, une fois que les travaux seront entamés et le musée naval fermé, les collections du musée seront acheminées vers le musée de Port-Louis.

Ce n’est pas la première fois que cette ancienne demeure coloniale qui appartenait à Jean de Robillard, commandant du district de Grand-Port, sera fermée pour les travaux. Elle a déjà connu une restauration majeure en 1998. Complètement rénové, le bâtiment abritant le musée naval rouvrira ses portes en 2000 en tant que Musée d’histoire nationale. Deux des trois étages occupés par le musée sont ouverts au public. Des maquettes de navires d’époque, les armes de Surcouf, des épées, des canons et des boulets d’origine, ainsi que des portraits et tableaux des XVIIIe et XIXe siècles y sont exposés. La plupart des objets sont en rapport avec l’histoire navale et maritime de l’île Maurice. On y trouve aussi la cloche du Saint-Géran naufragé en 1744 et des documents (objets divers, journal de bord) du Trevessa débarqué en 1923, et les lithographes fameuses d’Alfred Richard représentant des paysages et types mauriciens du XIXe siècle.

Le premier étage expose du mobilier d’époque coloniale (avec une chaise à porteurs) ayant appartenu à Labourdonnais dont certains sont dans le style Compagnie des Indes et diverses cartes.

Historique du musée

Construite vers la fin du 18e siècle, la résidence faisait partie du domaine de Rivière-la-Chaux. Elle fut acquise, en 1769, de Louis Jérôme Gimbert, pour le major Visdelou de Bonamour, commandant de quartier et plus tard, Jean de Robillard, premier enseigne de vaisseau. Ce dernier en devint le seul propriétaire en 1771 et y mourut en 1809, alors qu’il était à son tour commandant du quartier de Grand-Port. Après la bataille navale de Grand Port en août 1810, les commandants rivaux Sir Nesbit Willoughby (anglais) et le baron Victor Duperré (Français) y furent soignés. En 1850, la Maison de Robillard est acquise par Georges Courson de Villeneuve qui, en 1880, la revendit à Louis de Rochecouste. Puis, Veuve Hippolyte Loyseau en devint propriétaire et, enfin, Nemours Gheude, l’acquit à son tour, d’où le nom de « Château Gheude ». La demeure fut mise aux enchères en 1936 et vendue au gouvernement en 1947. L’année suivante, le gouvernement la confia à l’Institut de Maurice pour en faire un musée d’histoire. Celui-ci fut inauguré le 15 septembre 1950 et devint Musée Naval et d’Histoire en 1970 ; il fut fermé pour cause de rénovations majeures en 1998. Le Musée, complètement rénové, rouvrit ses portes le 2 août 2000 en tant que Musée d’histoire nationale. Il est classé patrimoine national.

Palanquin

Les jeunes et les enfants sont portés en palanquins par des esclaves, qui sont d’ordinaire en équipe de huit. Ces voitures sont les seules dont on puisse faire usage dans le pays ; des carrosseries tirées par des chevaux ne rouleraient pas sans danger sur les chemins un peu éloignés. Le palanquin est une sorte de litière longue de cinq à six pieds, garnie d’étoffes. On y entre par deux portières, ordinairement garnies de rideaux de soie. Le fond de la litière est un treillis de canne sur lequel on met un matelas. On porte les palanquins à l’aide de deux leviers, long de quatre pieds. Les porteurs sont au nombre de quatre, ils sont suivis par quatre autres qui les relayent à tour de rôle, suivant la longueur de la route et la difficulté du chemin. Il est facile de reconnaître sur les routes l’approche d’un colon riche, aux personnes qui les portent.

Le Saint-Géran

Le Saint-Géran était un vaisseau de 600 tonneaux de la Compagnie des Indes, lancé à l’Orient (France) en 1736. Au cours de son quatrième voyage, il fit naufrage, alors qu’il abordait les côtes de l’Isle de France, dans la nuit du 17 au 18 août 1744, près de l’île d’Ambre, au large de Poudre d’Or, à la suite d’une erreur de navigation. Neuf rescapés seulement échappèrent à la catastrophe alors que le navire transportait près de 200 personnes. Il amenait à l’Isle de France 25 000 piastres (pièces d’argent frappées au Mexique qui avaient alors cours dans tout l’océan indien), ainsi que des équipements destinés à la première sucrerie de l’île. L’argent en circulation aux îles était rare, après le naufrage, il s’ensuivit une disette de numéraire et l’on dut avoir recours au papier monnaie, ce qui entraîna une dépréciation de l’argent.

La cloche

Cloche provenant du vaisseau Marengo qui fit plusieurs escales à l’Isle de France où il fut démantelé. Cette cloche aurait été offerte en souvenir à Napoléon Bonaparte et transferée ensuite sur le Marengo. Elle fut coulée sous la royauté par un fondeur en 1774. On peut y admirer un christ en croix et une nativité.