Bientôt cinq ans depuis que le site du Morne est classé patrimoine mondial de l’UNESCO et le litige opposant l’État et une société privée en l’occurrence, Le Morne Brabant IRS, n’est toujours résolu. L’affaire est devant le tribunal. À une question du Mauricien, le ministre des Administrations régionales et député de la région, Hervé Aimée, a affirmé que « le gouvernement ne peut pas céder puisqu’il a pris un engagement ». C’était vendredi dernier, à l’occasion de la conférence de presse organisée au ministère des Arts et de la Culture dans le cadre de la commémoration du 178e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. M. Aimée devait ajouter que dans tous les cas de figure, il aura le choix et il évoque la possibilité d’une « compulsory acquisition », également.
Lors de son intervention le président du Morne Heritage Trust Fund (MHTF), Edley Chimon devait affirmer que « le gouvernement fait tout pour protéger le monument du patrimoine de l’humanité et lutter pour récupérer les terres privées autour du site auxquelles il n’a pas accès, jusqu’à présent ». Répondant aux questions du Mauricien, le ministre Aimée devait revenir brièvement sur ce litige. « Il y a des terrains autour du Morne qui appartiennent à une société privée qui avait des projets de développement en ces lieux. Une des conditions sine qua non pour avoir le site classé sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, c’était que l’État devienne propriétaire des terrains qui se trouvent dans la zone tampon. L’État a été obligé d’arrêter tout développement et c’est cela qui a créé le litige », affirme-t-il. M. Aimée avance que « l’affaire est toujours en cours. Nous n’avons pas le choix. Nous sommes obligés de passer par là et nous ne pouvons céder puisque nous avons pris un engagement. Il faudra payer des compensations et nous le ferons ».
À une autre question du Mauricien sur les risques que le site perde son statut de patrimoine mondial de l’UNESCO, d’autant que les projets énumérés dans le plan de gestion n’ont pas été concrétisés, M. Aimée répond par la négative. « Le gouvernement a le choix quelle que soit l’issue de la cour. Nous avons de multiples façons d’avoir les terrains que ce soit par le dédommagement des propriétaires ou par une compulsory acquisition », indique-t-il.
C’est le 7 juillet 2008 que Le Morne Cultural Landscape accédait au titre de patrimoine mondial de l’Unesco. Le site fut reconnu comme un témoignage exceptionnel du marronnage et de la naissance du peuple créole à Maurice. Une série de projets étaient annoncés dans le plan de gestion initiale dont des tracés pour accéder à différents lieux du site comme Trou-Chenilles. Cependant, « il faut d’abord résoudre le problème des terres autour du site pour y mettre en oeuvre les projets ».