Une quinzaine de praticiens, engagés dans la gestion des sites classés patrimoine mondial de l’UNESCO et venant des pays de l’Afrique anglophone, participent en ce moment à une formation pratique sur la gestion des risques de ces lieux, au Morne. Ils ont pour tâche de développer un plan de gestion de la plage et du lagon du Morne affectés par l’érosion et la pollution due aux eaux usées domestiques.
Cette formation pratique, qui s’échelonne sur trois semaines, a pour but de pourvoir les participants en termes d’outils nécessaires afin d’anticiper et de développer des plans de gestion des sites qu’ils ont à leur charge dans leurs pays respectifs. En mai dernier, ils ont participé à un atelier théorique sur le sujet au Zimbabwe. Le Morne a été choisi pour l’investissement de ces acquis dans la pratique. Aussi, les participants sont appelés à travailler en réseau pour l’échange d’information et d’expertise.
Le secrétaire au cabinet du ministère des Arts et de la Culture, Chettandeo Bhugun, a lancé cet atelier lundi dernier au bureau du Morne Heritage Trust Fund (MHTF) au Morne. La formation est placée sous la responsabilité de Peter Okwaro du Centre for Heritage Development in Africa (CHDA). L’atelier est organisé conjointement avec l’African World Heritage Fund (AWHF) et est financé par le ministère norvégien des Affaires étrangères.
Lors de son intervention à cette occasion, Peter Okwaro observe que malgré les efforts et les actions des États pour préserver les sites, ceux-là continuent à faire face à de nombreux défis. Selon le Second cycle of periodic reporting (2009-2011), dans treize pays anglophones africains, 21 sites sont considérés à risques. Ceci peut-être dû à des catastrophes naturelles, des conflits, des développements ou encore l’extraction des minéraux, fait ressortir un document résumant les travaux qui seront entrepris par les participants.
Par conséquent, outre les formations dispensées par le Centre du patrimoine mondial ou le Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), CHDA et AWHF considèrent : « There is need for region-specific and site-specific capacity building programs to address risk. »
Pendant ces trois semaines, les participants auront à faire une évaluation de l’état de conservation du site, à collecter des données in situ et à se documenter, à développer un plan, et à intervenir pour mettre à exécution le plan. Selon un document diffusé à la presse, « the projet is expected to focus on beach erosion and pollution of the lagoon (through the release of domestic effluents directly into the sea) as issues raised by the management at Le Morne Heritage Trust Fund ». En outre, les participants sont appelés à identifier d’autres risques « puisque les interventions pour la conservation du site ont aussi un impact sur les lieux » et proposer d’autres options pour la gestion.
Les pays participants à cet atelier sont la Zambie, le Ghana, le Malawi, le Swaziland, la Gambie, l’Égypte, le Kenya, le Botswana, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, les Seychelles, la Namibie, le Lesotho et Maurice. L’atelier accueille aussi des représentants du ministère des Arts et de la Culture et des corps para-étatiques tombant sous sa responsabilité dont ceux du Morne Heritage Trust Fund et du Aapravasi Ghat.