Le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO à Paris a approuvé la mise en place du projet de la Route de l’Engagisme, hier. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee à l’occasion de l’ouverture de la conférence internationale sur la langue hindi au Centre Indira Gandhi pour la culture indienne (IGCIC), hier à Phoenix.
M. Choonee a qualifié de « miraculeuse » l’approbation de la mise en place de ce projet, à Maurice. « Cela s’est fait très vite surtout comparé au temps qu’avait pris l’UNESCO pour approuver la Route de l’esclavage ». Le secrétariat de la Route de l’engagisme sera à l’Aapravasi Ghat à Trou Fanfaron, site mauricien classé patrimoine mondial de l’UNESCO en 2006.
Le projet fait provision pour la création d’une base de données sur les immigrants indiens engagés dans le système de l’engagisme. « On pourra faire des recherches et travailler en réseau avec les autres pays concernés par l’engagisme », dit-il. L’UNESCO pourvoira les soutiens technique et financier pour la réalisation de ce projet. Selon Mookhesswur Choonee, il a été difficile de convaincre l’UNESCO de l’importance de ce projet et il remercie l’ancien ambassadeur indien à l’UNESCO, Bhaswati Mukherjee, qui a beaucoup travaillé pour faire avancer ce dossier. « Il a fallu convaincre l’UNESCO de son importance. Les gens ne connaissaient pas l’histoire qui y était rattachée. Ils y étaient peu familiers. Ils ne savaient pas que les Anglais, dans leur intelligence, avaient trouvé un moyen d’avoir de la main-d’oeuvre dans les champs de canne à sucre à l’abolition de l’esclavage. Selon le dictionnaire Oxford, l’engagisme est défini comme un système qui demande aux gens de donner leur liberté pendant une période donnée et non pour toujours, à la différence de l’esclavage », affirmait au Mauricien Mme Mukherjee en septembre dernier.
Lors d’une conférence de presse au Caudan lundi dernier, Mookhesswur Choonee avait annoncé la présence d’une délégation mauricienne à Paris au moment même où le conseil consultatif de l’UNESCO étudiait les projets soumis par les différents pays. « Ils sont sur place pour faire avancer le dossier de Maurice concernant la route de l’engagisme », faisait ressortir M. Choonee. La délégation mauricienne était composée de Mahen Utchanah, président de l’Aapravasi Ghat Trust Fund, Armoogum Parsuramen, ancien ambassadeur de Maurice à l’UNESCO, M. Soobarah, directeur de la Culture, du ministère des Arts et de la Culture et Mme Mukherjee.
En septembre dernier, le gouvernement mauricien avait été informé de la décision de l’UNESCO de l’inscrire à l’agenda de son conseil consultatif. Avec l’approbation de ce projet, l’engagisme fera partie des mémoires du monde comme c’est le cas pour l’esclavage. La Route de l’engagisme comprendra 26 pays, qui ont été concernés par cette immigration au XIXe siècle. Le port de départ, à Calcutta, en fera également partie. Les travailleurs engagés qui sont venus à Maurice sont partis du dépôt d’immigration de Bhawanipur, à Calcutta, pour la première fois le 15 septembre 1834.