Mgr Maurice Piat a célébré une messe hier en début de soirée à l’occasion du 75e anniversaire de la consécration de la chapelle. Divers récits ont témoigné de la particularité de ce lieu historique. Dans son homélie, l’évêque a rappelé les circonstances dans lesquelles Mgr James Leen avait réuni, en 1939, les membres de l’Union catholique pour parler de son projet d’instituer un Montmartre mauricien. Mgr James Leen voulait en faire un lieu spirituel, un centre d’adoration perpétuelle, comme celui qui se trouve à Paris, connu comme la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre.
« La construction de la chapelle a pris une année, a rappelé le chef de l’église catholique, et ce grâce aux personnes de bonne volonté, animées, motivés et habiles. » Le Montmartre avait été inauguré par Mgr Murphy en 1941, selon les lettres pastorales de l’époque. En cette période sombre, où la Seconde Guerre mondiale faisait énormément de victimes sur les champs de batailles, les Mauriciens avaient été invités à prier en ce lieu pour la paix.
De nos jours, Mgr Piat a relevé que la chapelle Montmartre est un lieu « bien fréquenté » par les Mauriciens de toutes les confessions religieuses. « C’est un lieu de foi où ceux qui viennent ont une reconnaissance envers Dieu, qui habite le coeur des hommes », a-t-il décrit. L’évêque a soutenu que Maurice est loin des conflits qui sévissent dans le monde, nuançant cependant qu’il « faut quand même rester sur nos gardes ». En ce sens, il a rappelé les épisodes tragiques qui ont secoué le pays en 1968 et 1999. « Aussi, avec la mondialisation, le pays est vulnérable et de plus en plus exposé aux problèmes sociaux. »
La foi en Dieu a touché de nombreuses personnes, à l’instar des religieuses de la congrégation Marie Réparatrice, qui ont assumé en communauté l’adoration perpétuelle. Elles ont également pris la responsabilité d’accueillir et d’inviter des groupes d’hommes et de femmes, lesquels se sont succédé au cours de ces 75 dernières années, à les rejoindre dans l’adoration du Saint Sacrement, de jour comme de nuit.
Mgr Maurice Piat a relevé que, parmi les personnes qui sont venues prier au Montmartre, bon nombre d’entre elles ont « reçu l’appel de Dieu », se consacrant par la suite à la vie religieuse, au sacerdoce. Ses dires ont été agrémentés de témoignages de religieux et laïcs, qui ont élaboré sur leurs vécus dans l’enceinte de cette chapelle.
À cet effet, le curé de la paroisse de Notre Dame de Lourdes, Gérard Sullivan, a décrit que, durant son enfance, il avait accompagné ses tantes pour venir prier au Montmartre. Et c’est là qu’il a été fasciné par les soeurs Marie Réparatrice, que ce soit dans leurs attitudes de prier ou leurs tenues vestimentaires. Depuis, selon lui, il a vu grandir sa vocation de se mettre au service de l’église.
Le vicaire général, père Jean-Maurice Labour, qui travaillait comme inspecteur au marché de Rose-Hill vers la fin des années 60’, avait fréquenté assidûment le Montmartre. Lui aussi a « entendu l’appel du Seigneur » dans ce lieu.
Monique Dinan, au début de la cérémonie, a fait un exposé sur l’histoire du Montmartre. Les fidèles étaient invités a une petite collation à la fin de la cérémonie dans les jardins de la chapelle.