À l’occasion de la Journée internationale des sites et des monuments, la State House était ouverte au public le week-end dernier. Celui-ci a pu découvrir la partie publique du château, soit les deux grandes pièces principales qui se trouvent au rez-de-chaussée du château, le bureau du Président, ses appartements privés, et le reste de l’intérieur du bâtiment étant restés hors d’atteinte. Ces deux grandes salles parcourues, et notant une absence cruelle de guides, il ne restait plus au(x) visiteur(s) que la premenade en famille ou en solitaire dans les vastes jardins du château. Et d’essayer d’atteindre le Bout du monde…
La State house est composée de deux niveaux et de nombreuses pièces. Pour cette journée portes ouvertes (et d’autres closes) nous avons découvert le salon d’honneur, d’où se déroule les cérémonies officielles et la salle des fêtes qui peut accueillir les dîners les plus importants. Ces deux grandes pièces se sont enrichies au fil de l’histoire, s’ornant de lustres, de tableaux, de portraits, de grands miroirs à encadrement doré, et de mobilier précieux. Ornements et meubles qui laissent imaginer la vie et les goûts de ses différents occupants à travers le temps. Le public a aussi pu découvrir les diverses transformations de la State House au fil des siècles, destruction par des cyclones et reconstruction, et son histoire à travers une petite exposition de photos aménagée dans la varangue principale. La salle des fêtes regorge de meubles anciens et d’objets de la période victorienne. Mais le visiteur qui aurait voulu en connaître plus est laissé sur sa faim, car l’accés des autres pièces lui était interdit.
Pas nombreux en ce beau samedi matin ensoleillé, les quelques visiteurs qui étaient présents ont pu admiré arbres et plantes entretenus divers entretenus, il faut le reconnaître, avec soin. Les amateurs de promenade ont pu s’en donner à coeur joie, foulant en toute liberté l’immense pelouse de ce magnifique parc. Les jardins du Réduit furent créés par Fusée-Aublet au milieu du 18e siècle. Il y introduisit des plantes et des arbres du monde entier. Certains gouverneurs s’occupèrent passionnément des jardins, d’autres y furent totalement indifférents. Ce qui démotiva certains fut probablement le fait qu’ils avaient à payer de leur poche l’entretien du parc. Sir Arthur Hamilton Gordon, ancien gouverneur de l’île (1871-1874) fut stupéfait à son arrivée au château à la vue d’épaisses et hautes herbes qui couvraient le parc. Il paya de sa poche 500 livres sterling par an pour son entretien.
Au fil du temps, différents arbres ont été plantés comme des Flamboyants, des Pins chinois, des palmiers royaux, des filaos et des cocotiers de mers. Notre randonnée nous amène à faire d’intéressantes découvertes comme ce grâcieux Temple d’amour style gréco-romain, d’une blancheur parfaite, construit à l’instigation de Sir Hesketh Bell en 1921, en hommage au créateur du Réduit A.M. Barthélemy David, gouverneur de l’Isle de France en en 1748.
A l’ouest du château se trouve un mini-parc animalier dans lequel se reposent des tortues, des cerfs, s’ébattent des pigeons (en cages), des lapins et, surprise, des paons. Le calme et la nature bucoliques des lieux s’éduisent mais au rique de nous perdre en chemin, nous renonçons d’aller jusqu’au Bout du monde, car aucun guide n’est là pour nous orienter. Le Bout du monde, c’est une falaise qui offre une vue ravissante et vertigineuse tout à la fois sur les rivières Profonde et Cascade et qui aurait dû être le point culminant, le joyaux de cette visite. Et c’est grand dommage qu’en cette semaine internationale des sites et des monuments on n’ait pas songer à mettre des accompagnateurs au service du public !