La School, un des plus vieux bâtiments de style colonial de Port-Louis, qui trônait à la rue Edith Cavell, a été complètement rasée cette semaine. À sa place, le gouvernement a annoncé la construction de la nouvelle Cour suprême.
L’entreprise de démolition a révolté nombre de gens attachés à la préservation du patrimoine national, bien que la School n’était pas classée parmi les sites protégés. Le bâtiment avait dans le passé abrité le collège Royal de Port-Louis, donc a été le lieu de formation d’une grande partie de l’élite du pays.
Comme ce fut le cas à la fin des années 1980 pour le bâtiment de l’Imprimerie du Gouvernement, lequel remontait du temps du gouverneur Mahé de Labourdonnais, c’est principalement durant la nuit — pendant que toute la capitale dormait — que les bulldozers ont fait leur oeuvre de destruction. Ensuite, des ouvriers bangladais sont entrés en action pour achever le travail.
Parmi les rares personnes qui ont témoigné de la mise à mort de la School se trouvait le photographe professionnel J. B. Urbini. C’est tellement vrai, comme l’affirme la devise du grand magazine français Paris Match, qu’il «  il y a le poids des mots », mais il y encore plus  « le choc des photos.  » Il y avait, entre la nuit de dimanche dernier et le mercredi suivant, mille images à prendre sur le chantier de démolition de la School. Pour le photographe qui sait fixer l’image qui suscite émotion, sans doute celles que nous publions montrant des ouvriers exécutant l’ordre reçu de leurs supérieurs illustrent l’authentique massacre à la tronçonneuse qui a eu lieu.