Sanpek, le premier album de Patyatann, a été lancé samedi soir à Pailles. Concert épuré et coloré à l’image du groupe qui vogue sur les ondes de la liberté.
On y va gaiement. Joyeux, les cheveux aux vents à travers les bois et Les Dunes, tant mieux s’il fait soleil lor santie souvenir. “Monn fer en rev ki later pe sante kan ban zetwal pe ekrir dan lesiel.” Dans ce Rev où, “Leker soley pe danse”, la musique prend des airs de liberté et des éclats naturels. Patyatann n’a pas son pareil. Il s’est inventé en explorant divers affluents jusqu’à cette zone de confluence où il imbrique les différences en une grande mosaïque.
Poésie.
Patyatann a un ton heureux. Joué le sourire aux lèvres, il s’écoute dans un flux d’énergie positive qui ne connaît pas de barrières. Ici, la plainte de l’erhu, le violon chinois, converse avec le bobre. Le mridangam chante sur le même rythme que la ravanne et le rouler. On parle kreol, français, sanskrit dans une poésie semblable à celle de cette musique initialement pensée autour de la ravanne.
Sanpek, l’album lancé samedi soir dans les Écuries du Domaine Les Pailles, révèle Patyatann dans toute sa saveur. Ambiance intime, conviviale pour un beau moment musical offert avec beaucoup de générosité à un public qui a parfaitement compris l’esprit du quatuor.
Smart.
Sarasvati Mallac, Anouchka Massoudy, Anthony Bouic et Ludovic Kathan voguent sur leurs propres ondes en s’inspirant du passé culturel du pays pour offrir une vision plus smart de l’avenir. Là au moins, nous sommes dans du concret, loin des rêves intéressés de deux qui bradent notre liberté.
Sanpek est désormais dans le paysage. Il y restera pendant longtemps et compte parmi ces oeuvres qui offrent une autre vision de la musique mauricienne. Cet album de 10 titres est aussi accompagné d’un des meilleurs clips mauriciens réalisés ces derniers temps et qui porte la signature de Azim Moollan.