Pour Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, les choses sont claires: celui (ou celle) qui abandonne sont parti pour un autre en vue d’en tirer un profit personnel est, bel et bien, un transfuge. Aussi, pour lui, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les ex-élus MSM, Jim Seetaram et Mireille Martin sont des « full-blooded » transfuges. Ce qui, dit-il, est« terriblement triste et honteux pour la jeunesse et les femmes ». Le leader de l’opposition juge, par extension, que le gouvernement remanié PTr/PMSD/néotransfuges est « pire que celui de 2010/2011 ». Il dénonce particulièrement, à cet effet, la nomination de Michaël Sik Yuen au Tourisme et Jim Seetaram aux PME en soulignant que ceux deux secteurs subiront prioritairement les effets de la crise économique mondiale qui s’emballe, de nouveau. Ce qui fait dire au chef de l’opposition qu’aujourd’hui, « le pays a soif des compétences du MMM ».
M. Bérenger constate, d’abord, que le PTr poursuit dans la pratique de ce qu’il qualifie de « néotransfugisme infect ».« Après l’utilisation comme appâts de deux postes de ministre, voilà que l’on brandit comme dernier bout un ultime poste de PPS! », dit-il. Dans les cas particuliers de Jim Seetaram et de Mireille Martin, le leader de l’opposition juge« terriblement triste et honteux pour la jeunesse » que ces deux ex-élus MSM soient « deux jeunes transfuges ». Il souligne particulièrement le fait que, pour la postérité, M. Seetaram qui a choisi de « cross the floor » durant son tout premier mandat de député « entrera dans l’Histoire comme le plus jeune transfuge de l’Histoire ».
« Les jeunes et les femmes qui prennent bonne note »
Dans le cas de Mme Martin, Paul Bérenger ne manque pas de souligner qu’outre d’être une jeune élue, elle est aussi une femme parlementaire. « Ce que tant les jeunes électeurs que les électrices ne manqueront pas de bien noter! », précise-t-il. Le leader de l’opposition rappelle, de même, que la transfuge ex-MSM désormais promue ministre venait, tout juste, il y a quelques jours, de se plaindre d’être « victime de harcèlement » de la part des travaillistes, allant même jusqu’à menacer de faire une déclaration, à cet effet, à la police.
Interrogé sur l’opportunité d’une loi anti-transfugisme comme elle existe, ailleurs, dans le monde, en vue de mettre définitivement fin à cette pratique, M. Bérenger explique que, bien que le MMM soit en faveur d’une telle loi, celle-ci se révèlerait, toutefois, « difficile à traduire dans la pratique ». Il cite, sous ce rapport, l’exemple indien où, selon M. Bérenger, la loi anti-transfugisme en vigueur dans ce pays « encourage des scissions » au sein des partis représentés au parlement. 
« L’adoption d’une telle loi est malheureusement easier said than done », constate le leader de l’opposition. Dans ces conditions et comme pour suggérer ce qui aurait pu, à la rigueur, selon lui, être considéré comme une démarche moralement moins condamnable, Paul Bérenger explique qu’il se serait attendu, au pire, que les deux transfuges ex-MSM promus ministres demeurent dans le camp gouvernemental comme simples back-benchers.
« Cas de conscience »
Pour lui, en effet, un transfuge c’est « celui qui abandonne son parti pour un autre dans le but intentionnel d’un tirer un profit personnel ». Dans le cas présent, explique le leader de l’opposition, un poste de ministre. Ce qui, pour lui, ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est que tant M. Seetaram que Mme Martin sont effectivement des « full-blooded » transfuges. 
Pour expliquer encore la complexité de l’adoption d’une législation anti-transfugisme, le leader de l’opposition évoque des cas de conscience réels qui peuvent faire que l’élu d’un parti soit, à un moment donné, en porte-à-faux avec la ligne adoptée par son parti. 
Commentant, ensuite, la constitution achevée cette semaine du « gouvernement remanié PTr/PMSD/néotransfuges » après le retrait du MSM, Paul Bérenger juge qu’il s’agit, là, d’un gouvernement « pire que celui de 2010/2011 ». Le leader de l’opposition prend, de nouveau, particulièrement, pour cible le nouveau ministre PMSD du Tourisme, Michaël Sik Yuen mais aussi celui des PME, Jim Seetaram.
Il explique, sous ce rapport, que la ressurgence de la crise économique mondiale, surtout aux Etats-Unis et en Europe sera prioritairement néfaste, sur le plan local, au secteur du Tourisme ainsi qu’à celui des PME. « Tout cela est angoissant »,déclare M. Bérenger.
« Avec Robert Desvaux de retour à la MTPA et sa promptitude à revenir avec son « Mauritius, c’est un plaisir », nous sommes déjà repartis pour le bal des petits copains! », juge le leader de l’opposition, non sans ironie. Il ne manque pas, non plus, d’évoquer le retour aussi de Robert Palany à la tête de la Tourism Authority (TA) et rappelle ce qu’il considère avoir été « les excès » au sein de cet organisme quand le leader du PMSD, Xavier Duval était ministre du Tourisme.
Non seulement « pire que celui de 2010/2011 », le présent gouvernement PTr/PMSD serait, selon Paul Bérenger, « le pire que l’on ait eu depuis 1968 », année de l’accession du pays à l’indépendance. Tout cela lui fait dire qu’avec les répercussions de la crise mondiale « qui nous frappent déjà », ce sont « les compétences du MMM » qui, soutient-il,« auraient dû être à la tête du pays, particulièrement, aux Finances, au Tourisme et aux PME ».
« Un gouvernement qui n’ira pas très loin »
Malgré tout, le leader de l’opposition se dit « heureusement convaincu » que ce gouvernement remanié « n’ira pas très loin ». Il trouve qu’il est « déjà palpable », dans le pays, que la population « en a marre, plus que marre, du bazar actuel! » Même s’il finit quand même à préciser que « pas tous ceux » en poste au sein du gouvernement remanié sont « des incompétents ».
Commentant, d’autre part, l’échouement du Angel I sur les récifs au large de Poudre d’Or dans le Nord, le leader de l’opposition souligne le fait qu’au moment même où, avec cet incident, le pays a frôlé une catastrophe écologique, le ministre de la Marine marchande, Anil Baichoo était en mission à l’étranger. Dénonçant la « lenteur » et le « cafouillage » qui, dit-il, ont marqué l’organisation des secours à la suite de ce naufrage, Paul Bérenger affirme détenir des informations selon lesquelles l’équipage aurait signalé aux autorités portuaires dès vendredi avoir subi des avaries aux larges de Roches Noires.
Or, explique-t-il, « par indécision et lenteur », ce n’est que lundi qu’elles ont réagi et non pendant le week-end alors même que toute la côte Nord était menacée d’une marée noire. M. Bérenger ne se satisfait pas de la décision prise en Conseil des ministres, vendredi, en vue d’une « enquête préliminaire » dans cette affaire alors que, selon lui, c’est à une « véritable enquête indépendante » qu’il aurait fallu recourrir « en vue d’en tirer des leçons pour l’avenir », dit-il.
Paul Bérenger souligne le fait que les risques de pollution marine  s’accroissent avec le nombre de plus en plus conséquent de navires dans les parages. Il évoque les incidences de tels accidents en mer sur l’environnement et, d’autre part, par extension, les conséquences éventuelles sur notre importante industrie touristique. Dans toute cette affaire, il veut aussi connaître la nature des aides sollicitées par le capitaine de vaisseau. « Il s’agira de savoir si l’échouement du navire sur les récifs est dû à la lenteur des autorités à réagir », dit-il.