«Le ver est dans le fruit. Complètement fini, Navin Ramgoolam ne fait plus peur à personne! Il ne pourra y avoir, désormais, ni esprit d’équipe ni sens de direction au gouvernement. Tous les signes donnent à penser que cet épisode PMSD ne finira pas aussi facilement»: commentaires de Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, à propos de la crise ayant ébranlé, ces derniers jours, le gouvernement PTr/PMSD.
Paul Bérenger explique que déjà, avant cette fronde PMSD, le plus tôt le Premier ministre, Navin Ramgoolam, se décidait d’organiser les élections générales, le mieux cela serait pour le pays. Selon lui, dans la présente conjoncture, l’organisation d’élections se justifie encore plus dans la mesure où, dit le leader du MMM, l’épisode PMSD est venu démontrer que Navin Ramgoolam «ne fait plus peur à personne»et qu’il est quelqu’un de «complètement fini». Il prédit que la défaite sera encore pire pour Navin Ramgoolam si ce dernier s’avisait, comme son père, sir Seewoosagur, d’attendre la onzième heure pour appeler le pays aux urnes.
Pour le chef de l’opposition, en effet, le ver est désormais dans le fruit.«Au gouvernement, il ne pourra y avoir, désormais, ni esprit d’équipe ni sens de direction», trouve-t-il. Ce qui lui fait parler de «fin de règne».«Tous les signes donnent à penser que cela ne finira pas aussi simplement»,selon Paul Bérenger qui rappelle que c’est avec l’aide du PMSD et des transfuges que Navin Ramgoolam et le PTr continuent de gouverner depuis le départ du MSM du gouvernement. «Le ver est dans le fruit», insiste, de nouveau le leader du MMM. Et d’ajouter: «Nou va guete si Xavier Duval kontan manz moutouk!»
Programme du Remake: «Difficile adhésion du PMSD»
Paul Bérenger explique que ce qui importe avant tout pour le Remake 2000«et surtout pour le MMM»,c’est le programme gouvernemental qui sera appliqué au moment de l’accession au pouvoir. Il rappelle, à ce propos, les axes principaux de ce programme en voie de préparation: lutte contre le communalisme «y compris dans le sport»;combat contre la corruption«en donnant l’exemple et en procédant à une refonte de l’ICAC»; approfondissement de la démocratie à travers la réforme électorale, celle des administrations régionales, l’émission de permis d’opération de chaînes de télévision privée; le rétablissement de l’ordre et de la paix et la relance de l’économie couplée à la lutte contre la pauvreté.
Il explique, à ce propos, qu’il lui a été «un peu difficile de convaincre le PMSD d’adhérer à un tel programme de gouvernement mais que ce qui importait c’était de créer les conditions propices en vue de l’organisation, au plus vite, de nouvelles élections générales pour mettre un terme au tort causé au pays par Navin Ramgoolam depuis 2005». Toutefois, note le leader du MMM, il semble que le PMSD a «craqué et est rentré dans les rangs derrière Ramgoolam». «Si cela se confirme, l’Histoire le jugera», dit-il.
«Nous voulions,déclare Paul Bérenger, donner la chance à tous de sauver le pays. Toutefois, selon mes informations, Xavier Duval a craqué. Nous verrons bien ce qu’il en est».Parlant «d’intimidations typiques des travaillistes»,le leader du MMM évoque une récente information parue dans la presse à l’effet que l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) enquêtait sur une allégation faite à l’encontre du secrétaire général du PMSD, le Dr Mamade Kodabacus. Information qui a surgi en pleine crise PMSD/PTr et que Paul Bérenger affirme avoir été «plantée»par les travaillistes. «Le PMSD subit, aujourd’hui, ce qu’a subi le MSM au moment où ce parti a quitté le gouvernement», estime, ainsi, le leader du MMM.
Quoi qu’il en soit, Paul Bérenger assure qu’au niveau du Remake 2000, tout est «clair et solide entre les partenaires MMM et MSM».A telle enseigne qu’il annonce que le leader du MSM, Pravind Jugnauth, et lui-même, ont commencé à travailler sur la liste des candidats aux prochaines élections générales. Alors que, selon lui, rien ne pourra, désormais, être comme avant entre le PTr et le PMSD et que ces deux partis du gouvernement semblent «reculer pour mieux éclater», le Remake 2000 qui «sait où il va et qui connaît sa force n’a, pour sa part, aucun souci à se faire et envisage l’avenir en toute sérénité».