Le leader de MMM, Paul Bérenger, qui a animé une conférence de presse hier, estime que la réforme électorale est « à portée de main ». Il s’est réjoui des acquis « historiques » qui ont été obtenus, tant au niveau de la réforme électorale que sur la IIe République. Il a estimé que ceux qui empêchent la concrétisation de la réforme auront « une lourde responsabilité devant l’histoire ».
Paul Bérenger, lors d’une conférence de presse hier, a d’entrée estimé que le MMM considère qu’il est de son « devoir » de tout faire pour réussir une « bonne réforme électorale » et qu’il continuera à « tout faire dans ce sens ». Il a insisté sur le fait que la réforme électorale est un acquis extraordinaire puisque, pour la première fois depuis 1967, un consensus a été trouvé sur une formule proposée par le MMM pour que les candidats n’aient plus à déclarer leur communauté sans que personne soit disqualifié. « Nous avons réussi à le faire sans qu’il y ait d’inquiétudes, qui existaient dans le passé dans certaines communautés et dans certains milieux. Cela constitue un acquis historique considérable » a-t-il dit. « Les personnes qui n’ont aucun sens de l’histoire, qui ne réalisent pas et ne mesurent pas la portée de ce pas historique, auront une lourde responsabilité », a-t-il ajouté.
Il a fait état d’une tentative d’un ancien député travailliste de créer une « confusion » autour du “best losers system”, et qui s’est terminé par « un échec lamentable ».
Paul Bérenger dit ensuite sa « fierté » que la formule proposée ait obtenu un consensus au niveau du MMM, du Ptr, du MSM « et d’autres », permettant de ne pas déclarer sa communauté, et ce « tout en  rassurant ceux qui s’opposaient à ce que l’on touche au “best loser system” ». Et de rappeler dans le même souffle que le premier « grand pas historique » a eu lieu en 1982, lorsque, alors que le MMM était dans le gouvernement, la législation a été amendée afin qu’on n’ait plus à déclarer sa communauté lors des recensements de la population effectués tous les dix ans. « Si le gouvernement actuel ne réussit pas la réforme électorale, nous donnons la garantie que le prochain gouvernement le fera. La réforme électorale n’a pas été adoptée, mais tous ceux qui ont donné un coup de main sont fiers d’avoir accompli des efforts. Nous faisons toutes sortes de sacrifices et acceptons les critiques, car la réforme électorale est fondamentale pour l’histoire du pays et pour que nous progressions », dit-il encore.
« Nous avons pris bonne note, sans être hystériques, comme c’est légion en ce moment, de l’engagement de Navin Ramgoolam de préparer la réforme électorale, de l’amener au Parlement et de passer au vote dans les plus brefs délais. Le Premier ministre a même dit que,, dans son parti, le vote sera libre. » Et d’évoquer un « engagement solennel » pris par Navin Ramgoolam devant l’histoire. « Nous veillerons à ce qu’il tienne parole et qu’il présente le texte de loi devant le Parlement. »  
« Nous comptons sur tout le monde et souhaitons que personne ne mette de bâtons dans les roues pour que le travail soit effectué le plus rapidement possible. C’est une bonne équipe qui a été mise sur pied avec l’Attorney General comme président, les membres du parquet et le soutien de l’ancien chef juge sir Victor Glover, mais aussi Rama Sithanen, Alan Ganoo, etc. » poursuit le leader mauve. Et de se dire ensuite « confiant » que cette équipe « travaillera d’arrache-pied pour que la loi soit faite de manière juste et équitable ».
Une fois la loi prête et présentée au Parlement, les trois quarts seront logiquement obtenus au Parlement, du moins si les députés du MSM « votent favorablement », dit-il. Au cas contraire, c’est-à-dire « si le MSM décide de ne pas voter », prévient-il, « ce parti devra prendre ses responsabilités devant l’histoire et devant l’électorat ». D’autant que si le MSM s’abstient de voter, « ce sera serré ».
Paul Bérenger s’est également exprimé sur le volet de la IIe République. « Peu importe ce que nous réussissons à faire dans l’immédiat ou non, il y a déjà un acquis considérable. Aujourd’hui, tout a été finalisé entre le Ptr et nous. Nous avons préparé un véritable “blue print” concernant un nouvel équilibre, dans l’intérêt de la démocratie entre les pouvoirs du Premier ministre et les prérogatives du Président de la République. Tout a été finalisé. Si le gouvernement sortant ne réussit pas à voter un texte de loi, le prochain, lui, le fera. Le seul point devant être éclairci concerne le mode d’élection du Président de la République. Une idée qui a émergé est une manière, à la mauricienne, d’adapter ce qui existe déjà au Malawi et en Zambie, où le Président est élu par toute la population après seulement un tour électoral. Mais cette question doit encore faire l’objet de discussions. » Le leader du MMM a annoncé son intention de lancer le débat sur la IIe République, pour un « meilleur équilibre » entre le Président et le Premier ministre, de sorte de permettre aux Mauriciens de comprendre, discuter et apporter leur contribution.
Paul Bérenger est finalement revenu sur le fait que le prochain gouvernement se fera « un devoir » de faire adopter une Declaration of Assets Act, qui rendra obligatoire pour les ministres et députés de déclarer leurs avoirs. « Lors d’une réponse à une interpellation parlementaire, le Premier ministre a pris l’engagement de rendre publique la déclaration des avoirs des ministres et députés et de faire circuler, en même temps, le projet de texte de loi sur la déclaration des avoirs, préparé par un comité parlementaire », dit-il encore, avant d’ajouter : « C’est une des mesures qui doivent être prises afin de nettoyer le pays en ce qui concerne la fraude et la corruption. »
L’autre mesure concerne le « remplacement » de l’ICAC par une nouvelle institution « en s’inspirant des meilleures pratiques » à Hong Kong, en Australie et ailleurs, a-t-il dit. Paul Bérenger a finalement estimé qu’un « grand nettoyage » était nécessaire au sein du Mauritius Turf Club, et ce dans le respect de son autonomie. « Il faut mettre fin à ce qui se passe au Champ-de-Mars en ce qui concerne le phénomène des paris illégaux, qui a pris de l’ampleur. Le peuple et l’État perdent des centaines des millions de roupies. De plus, il y a des conflits d’intérêts et des trafics en tout genre » dans le cadre des courses. « Je me ferai un devoir que les officiers ayant été écartés reviennent afin de donner un coup de main à mettre de l’ordre dans ce qui se passe au Champ-de-Mars. »