« Complètement dépassé, sir Anerood Jugnauth n’est plus en mesure d’assumer la responsabilité de deux services sensibles que sont la police et les prisons », estime Paul Bérenger, leader du MMM. Selon lui, les « bouderies » incessantes du ministre mentor, ces derniers jours, témoignent qu’il digère mal le limogeage de son fidèle compagnon, Showkutally Soodhun.
Pour Paul Bérenger, il est évident que c’est sous la pression de l’opinion publique et de ceux qui se sont « courageusement » exprimés que le Premier ministre Pravind Jugnauth a demandé à son vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, de démissionner.
Mais le chef de file des mauves s’attarde surtout sur le « body language » subséquent du ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, après que le VPM Soodhun a été contraint à la démission. Selon lui, les « bouderies » de SAJ à l’Assemblée nationale, mardi, et son visage « en koméraz » témoignent à quel point cette décision a  déplu au ministre mentor.
« Au Parlement, sir Anerood et son fils Pravind, qui étaient les deux seuls membres du Front Bench gouvernemental présents, ne se sont pas adressés la parole et se sont regardés de travers ». D’après le leader du MMM, le remplacement rapide de Soodhun comme vice-Premier ministre est venu “add insult to injury.”
Si bien que, souligne-t-il, SAJ s’est arrangé à ne pas être présent à la State House, jeudi, pour la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle ministre, Rubina Jaddoo-Jaunboccus, et de la vice-Première ministre, Fazila Jeewa-Daureeawoo.
Même s’il reconnaît que cela relève des affaires internes du MSM, selon le chef de file des mauves, en de telles circonstances, Showkutally Soodhun ne saurait conserver son poste de président de ce parti.
Quant à la décision de sir Anerood de refuser « avec arrogance » de répondre aux interpellations parlementaires, Paul Bérenger prévient : « Au MMM, nous n’entendons pas tolérer cela ! » D’autant que, dit-il, le ministre mentor est responsable de deux services sensibles: la police et les prisons.
« Il est clair que, complètement dépassé, Anerood Jugnauth n’est plus en mesure d’assumer la responsabilité de ces deux services essentiels en ces heures cruciales notamment marquées par le déballage en cours devant la Commission Lam Shang Leen sur la drogue », pense le leader du MMM.
Paul Bérenger dénonce, par ailleurs, la nomination de la PPS Rubina Jaddoo-Jaunbaccus acomme nouvelle ministre de l’Égalité du Genre. Il  rappelle, à ce propos, la convocation de cette dernière devant la Commission Lam Shang Leen en sa qualité d’avocate ayant représenté nombre de prévenus dans des affaires de drogue.
Le leader du MMM rappelle les nombreuses visites   de cette dernière à la prison pour rencontrer des prisonniers mêlés à des affaires de drogue. Il juge « révoltant » et « inacceptable » que l’avocate ait été nommée ministre avant même la fin des travaux de la Commission d’enquête sur la drogue.
En revanche, interrogé sur la nomination de la ministre Fazila Jeewa-Daureeawoo comme nouvelle et première vice-Première ministre, Paul Bérenger dit tout le bien qu’il pense de cette dernière. « C’est une bonne personne avec qui je m’entends très bien », indique-t-il.
Et le leader du MMM de poursuivre : « Je la connais pour être surtout une personne d’une grande honnêteté. Ce qui, je l’avoue, est rare  les gens faisant partie de ce gouvernement ».
Sobrinho : « Bon que le BOI corrige le tir »
Le chef de file des mauves tempère, néanmoins, son appréciation en estimant que la VPM ne pèse, toutefois, pas lourd politiquement, selon lui. Citant de manière générale les exemples de la  Présidente de la République et de la Speaker, il trouve, en sus, que les femmes ne sont pas toutes nécessairement trancendantes dans des postes de responsabilité par le simple fait qu’elles sont des femmes.
Citant, par ailleurs, l’affaire Sobrinho, Paul Bérenger blâme la Financial Services Commission (FSC) qui, dit-il, n’a eu de cesse de « faner » depuis les dernières élections générales « encouragé en cela par la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, et le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth ».
Aussi, se félicite-t-il que, ces jours-ci, le Board of Investment (BOI) semble vouloir rétablir la situation en imposant au groupe Sobrinho de très strictes conditions à respecter en vue de son désir d’investissement dans l’immobilier de luxe.
Le leader du MMM ouvre, à ce stade, une parenthèse pour évoquer la décision du nouveau président angolais, Joao Lourenco de limoger la fille de son prédécesseur, Jose Edourdo dos Santos, de la tête de la compagnie pétrolière d’État d’Angola, Sonangol.
Paul Bérenger allègue que le dénommé Alvaro Sobrinho fait partie de la même « clique » de Dos Santos dont le fils est  à la tête d’un « Wealth Fund » angolais. Le chef de file des mauves évoque le cas du dénommé Jean-Claude Bastos qui a aussi des intérêts à Maurice et qui est à la une de la presse internationale dans le cadre de la récente divulgation des Paradise Papers.
Alors que, selon lui, « par la faute de la FSC », la réputation de Maurice s’est ternie, le leader du MMM accueille favorablement la décision du nouveau président angolais de faire le ménage en commençant par se débarrasser de la fille de son prédécesseur Isabel Dos Santos considérée comme étant « la femme la plus riche d’Afrique ».
Paul Bérenger en profite pour lancer un « sévère avertissement », d’une part, à la FSC, de l’autre, au ministre de tutelle, Sudhir Seesunkur, « pour qu’ils se resaissistent ». Au cas contraire, prévient-il, les uns et les autres auront à s’expliquer au moment opportun.
D’autre part, le chef de file des mauves exprime sa solidarité dans l’épreuve à la famille du jeune employé de Shoprite qui n’a pas donné jusqu’ici signe de vie à la suite du terrible incendie qui s’est déclenché dimanche soir dans le store de l’hypermarché de Trianon. « J’espère sincèrement qu’on arrive finalement à le retrouver », déclare-t-il.
Paul Bérenger considère que ce violent sinistre a mis au jour nombre de lacunes et de faiblesses qui demandent à être corrigées. Déjà, dit-il, une PNQ adressée il y a quelque temps par le leader de l’opposition, Xavier Duval, avait fini par démontrer, selon lui, que le ministre de tutelle d’alors, Mahen Jhugroo, « ne maîtrisait pas le dossier ».
Pour lui, il est évident que les sapeurs-pompiers sont « sous-équipés » ; que des opérateurs ne respectent pas les conditions rattachées à leur permis de sécurité anti-incendie ou que d’autres normes à respecter méritent d’être mises en place. « Ce qui est arrivé est arrivé. Il convient, dorénavant, de voir l’avenir. C’est l’occasion pour la nouvelle ministre des Administrations régionales (ndlr: Fazila Jeewa-Daureeawoo, VPM) de tout revoir à zéro », pense Paul Bérenger.
Salaire minimal et impôt inversé
Le leader du MMM critique, par ailleurs, l’amalgame fait, selon lui, par le gouvernement entre la question du salaire minimal et celle de l’impôt inversé. Il considère que ces deux projets ont été très mal mis en chantier. Paul Bérenger rappelle qu’il avait, dès le départ, averti le gouvernement qu’il s’y prenait mal par rapport à la question de l’impôt inversé dont le premier versement est supposé se faire en ce mois de novembre.
« Plutôt que des quelque 150,000 qui devaient, selon le gouvernement, prendre avantage de ce projet, il s’est avéré, au moment des premières inscriptions, que seulement quelques milliers allaient en bénéficier ».
Si bien, explique Paul Bérenger, mardi dernier, qu’à l’Assemblée nationale, le PM et ministre des Finances a dû venir annoncer des modifications aux critères initiaux d’éligibilité.
Ainsi, rappelle-t-il, même les part-timers pourront, désormais, en bénéficier alors que les rémunérations perçues sous forme d’overtime ne seront plus une contrainte pour ne pas prendre avantage des bénéfices de l’impôt inversé.
« C’est ce que nous avions, dès le départ, réclamé », dit-il. Dorénavant, le MMM, explique son leader, veut être fixé sur le nombre de salariés qui pourront, dorénavant, en bénéficier selon les nouveaux critères.
C’est ainsi que, dit-il, une interpellation en ce sens est inscrite à l’ordre du jour des travaux parlementaires de mardi prochain au nom du député Reza Uteem. « Nous espérons simplement qu’en tant que ministre des Finances, Pravind Jugnauth donnera tous les chiffres nécessaires », dit-il.
Parallèlement, Paul Bérenger rend le gouvernement responsable si des syndicats rejettent la somme suggérée de Rs 8,500 comme salaire minimal. La raison, selon lui, est qu’en fixant à Rs 10,000 le seuil maximal de salaire pour qu’un salarié prenne avantage de l’impôt inversé, le gouvernement a indirectement laissé comprendre qu’un salaire minimal ne pouvait être en-dessous de ce seuil de Rs 10,000. Ce qui lui fait dire que le gouvernement a agi « par incompétence ».
Le leader du MMM réaffirme, d’autre part, son entière satisfaction de la campagne que mène son parti sur le terrain à Belle-Rose /Quatre-Bornes en marge de la partielle du 17 décembre. Il se dit « surtout satisfait » de la performance de la candidate mauve, Nita Juddoo.
Interrogé quant à la publication d’un « sondage » qui aurait été effectué par une société, Paul Bérenger laisse entendre que depuis un certain temps, des entreprises du privé s’emploieraient à la publication de « pseudo-sondages » en tous genres « dans un but interessé » et que cela ne vaut même pas la peine d’en parler.
Le leader du MMM a aussi présenté, hier, ses sympathies à la famille de Mahmood Cheeroo à la suite du décès de l’ancien secrétaire-général de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI).