Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, est revenu à la charge, hier matin, pour critiquer la politique du ministre des Finances, Xavier Duval. A sa conférence de presse hebdomadaire, il devait parler de « guerre ouverte » entre le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Rundheersing Bheenick, « aux dépens de la population. » Pour lui, « Duval n’est qu’un  dangereux farceur qui n’est même pas pris au  sérieux par le secteur privé. » « En temps et lieu, je dévoilerai qui a fait quoi alors qu’il était Premier ministre p.i.! »
Evoquant, par ailleurs, l’affaire d’escroquerie dans l’immobilier qui a conduit, vendredi, à l’arrestation de deux premiers prévenus, M. Bérenger a eu, notamment,  ceci à dire:  Le leader de l’Opposition estime que Xavier Duval « déraille et panique » après qu’il se soit étonné que le ministre des Finances se dise satisfait d’un taux de croissance de 3% pour cette année alors même que, déclare Paul Bérenger, la Banque Mondiale (BM) prévoit une croissance moyenne de 4.8% pour les pays de l’Afrique subsaharienne en 2012. Il trouve d’autant plus « amusant » que, pour s’en sortir, le ministre qui avait initialement prévu que le GDP Growth allait être de  4% rend, dorénavant, le gouverneur de la Banque centrale, Rundheersing Bheenick, responsable de la perte de 1% de croissance en raison de sa politique de roupie forte.
M. Bérenger constate qu’en réaction, le gouverneur de la BoM ne s’est pas prié pour accuser le ministre Duval d’être « un farceur. » « Tout cela ne se passe nulle part ailleurs qu’à Maurice! », lance le leader de l’Opposition. Poursuivant, il note que, « pour se venger », le ministre des Finances a, cette fois, lancé un appel d’offres aux banques, jeudi, par le biais de l’Accountant General pour l’achat de US $ 100 millions. Ce qui, selon le leader de l’Opposition, est « sans précédent. » « Je me demande même, dit-il, si cela est légal. »
Paul Bérenger souligne que Rundheersing Bheenick est venu, justement, évoquer l’Article 56 du Bank of Mauritius Act pour laisser comprendre que le rôle de la Banque centrale avait été usurpé par le ministère des Finances avec cette affaire d’achat de devises. Il parle de « guerre ouverte » opposant le ministre des Finances au gouverneur de la BoM, « aux dépens de la population. »
Le leader de l’Opposition souligne aussi qu’au moment même où le ministère des Finances signifiait son intention de lancer cet appel d’offres pour l’acquisition de dollars, la devise américaine a vite fait de flamber alors que, parallèlement, la roupie a déprécié. « Cela a créé de la panique, notamment, au niveau des petites institutions bancaires qui y ont vu une possibilité de pénurie de dollars sur le marché. »
Evoquant, par ailleurs, le déficit budgétaire, le leader de l’Opposition rappelle que, dans le dernier Budget, le ministre des Finances avait prévu un chiffre de 3.8%.  Alors que, dit-il, à sa récente conférence de presse, le ministre s’est enorgueilli que ce déficit ne sera que de 3%, M. Bérenger explique que la « réponse simple » à cela tient au fait que les dépenses de développement ont été bien en deçà des sommes budgétisées.