Le Bureau Central de Statistiques estime que 122,400 individus vivent dans la pauvreté, soit 1,3% de plus qu’en 2007. 11,600 familles mauriciennes sont touchées par la pauvreté absolue. Le gouvernement, à travers la National Empowerment Foundation, placée sous la tutelle du ministère de l’Intégration sociale et de l’Autonomisation économique, a prévu Rs 472 millions pour lutter contre la pauvreté. Mais malgré les moyens mis en oeuvre, la pauvreté est loin de reculer. Elle progresse même, d’où la nécessité de repenser la réponse au problème.
“La situation de la pauvreté à Maurice est critique.” Les propos de Thierry Goder, président de Caritas Maurice, sont sans équivoque. À l’heure où l’on se vante du développement économique et des progrès réalisés ces dernières années, le fait demeure qu’ils sont de plus en plus nombreux les Mauriciens à vivre dans la précarité. José Allet, l’ancien Project Coordinator du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups (TFSIVG), estime que la pauvreté perdurera aussi longtemps qu’un changement de paradigme ne sera pas fait pour aider autrement les familles vivant dans l’extrême pauvreté. Pour nos deux interlocuteurs, ce ne sont pas les donations faites à gauche et à droite qui vont résoudre le problème de la pauvreté à Maurice, mais bien un accompagnement tenant compte des besoins individuels de chacun.