Le ministère des Finances et du Développement économique a, dans un communiqué publié ce matin, voulu apporter des éclaircissements concernant l’interprétation du niveau de pauvreté à Maurice, cela après avoir relevé « certaines déclarations confuses » à ce sujet.
La pauvreté, dit le ministère, est normalement mesurée en termes absolus et relatifs. La pauvreté absolue, fait-il ressortir, est définie en relation aux revenus dont a besoin une personne pour satisfaire ses besoins de base dans plusieurs domaines : l’alimentation, l’habillement, le logement, l’éducation, la santé et l’information. La pauvreté absolue, poursuit le ministère, se réfère à un ensemble de normes qui ne changent pas dans le temps et qui est applicable à tous les pays. A Maurice, les autorités utilisent la définition de la Banque mondiale, soit des revenus représentant un ou deux dollars par jour, pour évaluer l’évolution de la pauvreté.
Selon les données recueillies par Statistics Mauritius, et basées sur des revenus de deux dollars par jour, il est estimé que moins de 1 % de la population, 0,2% plus exactement, vivent dans la pauvreté absolue et ce comparativement à 14% (chiffre de 2009) en Afrique du Sud, 33% (donnée de 2010) en Inde et 13% (chiffre de 2008) en Chine.
Faisant ensuite état la pauvreté relative qui, souligne le ministère des Finances, est un indicateur de l’inégalité dans la répartition des revenus, le communiqué officiel indique que Statistics Mauritius a, comme c’est le cas dans des pays développés, l’habitude de fixer un niveau de référence pour la pauvreté relative, soit la moitié du median income mensuel des ménages pour un adulte. Il était estimé en 2006/2007 que le montant de pauvreté relative était de Rs 3 821 par mois pour une personne. Ajusté pour l’inflation, le montant équivalent en 2012 est passé à Rs 5 080. « On this basis, the total number of poor persons in Mauritius declined from 104,200 in 2006/07 to 87,900 in 2012, that is by 15.6 percent », remarque le ministère des Finances.
Ce dernier soutient que la pauvreté relative comme mesurée par le half median income ne cesse d’évoluer. Le median income peut augmenter dans une année, ce qui aura pour effet de ramener plus d’individus sous le niveau de pauvreté relative mais, observe le ministère, il n’est pas dit que cela affecterait la consommation ou le niveau de vie de ces personnes.
« There is a perception that poverty has increased because the Gini Coefficient has risen. The Ministry wishes to emphasize that the Gini Coefficient only measures income distribution in the country and is not a direct measure of poverty », souligne le communiqué du ministère des Finances. Celui-ci remarque que l’inégalité dans la répartition des revenus comme mesurée par le Gini Coefficient (GC) peut augmenter ou baisser même si la pauvreté est en repli. Il y a des pays dont le GC est inférieur à celui de Maurice mais où le niveau de pauvreté absolue (basée sur un revenu journalier de moins de deux dollars) est plus élevé.
Les Finances citent plusieurs cas : Argentine (GC : 0.364, AP : 1.87%), Burkina Faso (GC : 0.398, AP : 72.5%), Égypte (GC : 0.308, AP : 15.43%), Éthiopie (GC : 0.298, AP : 77.6%), Tanzanie (GC : 0.376, AP : 87%). Pour Maurice, les données sont comme suit : GC : 0.413 et AP : 0.2%.