Pour subvenir à leurs besoins, ils ont choisi de trase, au lieu de vivre d’aumônes. Ils essayent par tous les moyens d’arrondir leurs fins de mois, ne comptant que sur leurs efforts pour manger et se contentant que du strict minimum. Malgré leur détresse, ils font face à l’adversité pour sauvegarder leur dignité.
Nous rencontrons Marc, la quarantaine, en bordure de route. Avec ses habits sales et déchirés, il ressemble à un clochard. Un sac plastique dans sa main, il revient du marché avec des carcasses de viande et de poulet qu’il a ramassées pour nourrir ses chiens, les gardiens de sa maisonnette lorsqu’il se met en quête d’un travail. Au fil de la conversation, nous comprenons qu’il se demande ce qu’il peut récupérer du contenu de son sac pour nourrir également sa famille, avec le peu de riz en réserve. En cette fin d’après-midi, il rentre chez lui, bredouille. Il espérait offrir aux siens quelque chose de mieux. Le peu d’argent qu’il lui reste, il le conserve précieusement pour que ses enfants puissent aller à l’école le lendemain. “Dimounn kapav trouv mwa koze riye, me dan mo leker, mo plore toulezour. Li pa fermal, li segne.”
Adossée à un mur derrière ses légumes, Noëlette attend les clients pour écouler sa marchandise, achetée d’un planteur. Avec ses sessions régulières de radiothérapie, elle a choisi ce métier afin de pouvoir se libérer pour ses rendez-vous médicaux, mais aussi pour ne pas se trouver loin de son domicile. Cela lui donne le temps de s’occuper de ses enfants lorsque ces derniers rentrent de l’école. Malgré sa santé précaire, elle fait de son mieux pour tenir le coup. La maigre pension qu’elle perçoit est loin d’être suffisante pour faire vivre sa famille. Elle ne veut pas dépendre de sa mère âgée. Mais lorsqu’elle souffre de diarrhée et de vomissements après une session de radiothérapie, elle est obligée de se reposer à la maison et d’accepter l’aide de sa mère.