Le policier Indradassen Marimootoo de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) a révélé hier en cour de Pamplemousses que du sang a été découvert dans la cour de la maison des Lam Po Tang, de la porte d’entourage à l’allée menant à la porte d’entrée de la maison, mais aussi dans le couloir et les quatre chambres de la maison. Seul témoin entendu hier en marge de l’enquête préliminaire sur le meurtre d’Hélène Lam Po Tang, il a fait cette déclaration alors qu’il était interrogé par l’avocat de l’accusé Sanjeev Nunkoo, à savoir Me Rama Valayden. Ce sang, également retrouvé sur un diary, a été détecté par des tests utilisant le procédé Bluestar , les 29 octobre et 3 novembre 2010. M. Marimootoo a aussi souligné que l’arme du crime achetée par Sanjeev Nunkoo au Jumbo de Riche-Terre le 14 octobre 2010, était un « couteau écailleur ».
Selon le témoin, ces tests ont dû être effectués en deux parties, étant donné que le 29 octobre 2010, la police et les officiers du Forensic Science Laboratory (FSL) avaient travaillé depuis 8 h du matin jusqu’à 2 h le lendemain matin. Ci-dessous la majeure partie du cross-examination du PC Marimootoo par Me Valayden.
Q : À part une déposition du jardinier Dayanand Ramguttee que vous avez consignée, en avez-vous consigné auprès de certains témoins ?
R : Non.
Q : Est-il exact de dire que vous vous êtes rendu sur les lieux du crime en compagnie du Forensic Technologist, M. Bhugowanteen en deux occasions ?
R : Oui.
Q : Est-il vrai de dire que vous vous y êtes rendu de nuit parce qu’il y avait des tests spécifiques à faire ?
R : Oui.
Q : L’obscurité est-elle essentielle pour la réussite de ces tests ?
R : Oui.
Q : Pourquoi vous y êtes-vous rendu sur ces lieux une deuxième fois le 3 novembre ?
R : En fait, la première fois, le 29 octobre, il était pratiquement 2 h du matin et à cause de la fatigue, nous nous sommes arrêtés, car ce jour-là, nous avons travaillé depuis 8 h du matin. C’est pourquoi je me suis rendu de nouveau sur les lieux du crime le 3 novembre.
Q : Ce test a-t-il été effectué dans la cour de la victime ?
R : Oui.
Q : Et dans la maison aussi ?
R : Oui.
Q : La salle de bains a-t-elle été soumise à ce test ?
R : Non.
Q : Et les toilettes ?
R : Non.
Q : Et la porte de l’entourage de la cour ?
R : Oui.
Q : Est-il correct de dire que le test était concluant ?
R : Oui.
Q : Dans le langage de l’homme de la rue, peut-on dire que du sang a été découvert près de la porte d’entourage ?
R : Oui.
Q : Du sang a-t-il été découvert dans l’allée menant de la porte d’entourage à la porte d’entrée de la maison ?
R : Oui.
Q : Ce test a-t-il été effectué sur des clés ?
R : Non.
Q : Are you sure ?
R : No. No tests were carried out for keys.
Q : Ce test est-il le Bluestar Solution ?
R : Oui.
Q : Ces tests ont-ils été faits sur un diary ?
R : Oui.
Q : Les résultats étaient-ils positifs ?
R : Oui.
À partir de cette réponse du témoin, l’avocat de la défense s’est appesanti sur ce diary.
Q : Étant donné que les résultats étaient positifs, ce diary a-t-il été saisi ?
R : Non. Seulement des prélèvements (swabs) ont été effectués par le Forensic Science Officer (FSO) M. Bhugowanteen.
Q : Do you remember this diary ?
R : Not exactly. It was of colour black.
Q : Y manquait-il des pages ?
R : Je ne dirais pas qu’il en manquait mais certaines avaient été découpées.
À ce stade, Me Valayden est revenu sur le sang révélé par le procédé Bluestar.
Q : Pouvez-vous éclairer la cour sur ce point ? Les tests étaient-ils positifs concernant les quatre chambres de la maison concernant la présence de sang ?
R : Oui.
Q : Et aussi dans le couloir de la maison ?
R : Oui.
Dans son re-examination du témoin, Me Nataraj Mooneesamy est revenu sur le diary aux pages découpées, retrouvé à l’intérieur de la maison de la victime.
Q : Que vouliez-vous dire par les pages découpées du diary ?
R : Small squares were cut inside the pages, always in the middle.
Q : Quel était le motif de ces coupures carrées dans les pages ?
R : Ceci avait pour but de dissimuler un petit appareil électronique pour les besoins de e-banking.
À ce stade, la magistrate Maryse Panglose-Cala intervient :
Q : Comment savez-vous cela ?
R : À travers la fille de la victime, Mlle Sharon Lam Po Tang.
Auparavant, en début de séance, le constable Marimootoo avait expliqué à la cour que Sanjeev Nunkoo avait acheté un couteau à 14 h 37 le 14 octobre 2010 au supermarché Jumbo de Riche-Terre, pour Rs 50. Des images des caméras de surveillance attestent de sa présence ce jour-là, ainsi que du ticket de caisse. Le couteau a coûté Rs 50, et Rs 1,15 pour le sac en plastique qui le contenait. (NdlR : voir notre édition d’hier). Lors du re-examination du témoin, celui-ci a fait ressortir que le couteau en question était un « couteau écailleur », avec des dents de scie. Du reste, le ticket de caisse fait état du modèle de couteau. À une question de la magistrate, qui cherchait à savoir si ce type de couteau servait à nettoyer du poisson, le constable a répondu par l’affirmative.
Les travaux de l’enquête préliminaire se poursuivent jeudi.