Mustapha Mohamed (Gandhi), en grève de la faim depuis 19 jours, est complètement affaibli. Selon ses amis, l’homme a vomi toute la nuit. Résultat : ce matin, il n’arrivait plus à se mettre debout, nécessitant une assistance médicale. Le médecin du SAMU a suggéré de le faire admettre à l’hôpital, mais celui-ci a refusé, laissant entendre qu’il ne bougera pas tant qu’une négociation avec les autorités ne sera pas ouverte.
Gandhi réclame une aide sociale pour les pêcheurs de bancs au chômage. Des discussions au comité mis sur pied à cet effet au ministère de la Pêche n’ont pas abouti. Gandhi estime avoir été « tourné en bourrique ». Son mécontentement se situe au niveau du nombre de pêcheurs approuvé par le ministère. Le gréviste, président de la Coopérative des Pêcheurs de Bancs (CPB), estime en effet que certains cas n’ont pas été pris en considération.
À son 19e jour de grève, alors qu’il se trouve complètement affaibli, Gandhi réitère sa demande pour une négociation avec les autorités concernées. « Selon ma liste, 183 pêcheurs sont concernés. Mais la liste du ministère n’en comporte que 105. Nous ne pouvons laisser tomber les autres. C’est pour cela que j’ai refusé de me rendre à l’hôpital. Je ne quitterai le Jardin de la Compagnie qu’après l’ouverture des négociations. »
Au niveau du ministère, une source proche du comité laisse toutefois entendre : « Cela fait trois mois que le comité a été institué et nous avons avancé sur plusieurs dossiers. Mais ce monsieur a préféré quitter la table des discussions pour entrer en grève de la faim. » Les “minutes” du dernier comité, daté du 22 mars, précise en effet : « At a meeting of the committee held on 9 May 2014, Mr Mostafa raised objection to the list of bank fishers that has already been adopted by the committee at its meeting on 3 March 2014. He effected a walk-out together with the bank fishers and stated that he was going on hunger strike again. »
Gandhi dit lui vouloir trouver des solutions concrètes pour les pêcheurs de bancs, qui n’arrivent plus à trouver du travail car les propriétaires de bateaux préfèrent engager des Malgaches. En attendant, ceux-ci ont soumis une demande pour une aide sociale depuis deux semaines. La dernière réunion du comité mentionne en effet : « The ministry requested unemployed fishers to approach the National Solidarity Fund through the Ministry of Social Security for assistance. The representative of the Ministry of Social Security explained the criteria to qualify for such assistance. »
Le ministère de la Pêche laisse aussi comprendre qu’une réunion a eu lieu avec les propriétaires de bateau pour leur demander de recruter des Mauriciens. De même, les pêcheurs ont été avisés de la possibilité d’obtenir un des bateaux saisis pour pêche illégale. Pour cela, ils doivent se regrouper en coopérative et avoir les moyens de payer l’assurance et remettre le bateau à flot. Ce qui serait extrêmement difficile sans assistance, selon les pêcheurs, car ces bateaux sont en très mauvais état.
Entre-temps, les amis de Gandhi se disent inquiets pour sa santé. Ils ont envoyé une lettre au Premier ministre au début de cette semaine, lui demandant de prendre conscience de leur situation. Sans réponse à ce jour, les pêcheurs désespèrent et lâchent : « Premier ministre et leader lopposition pe okip reform elektoral. Isi, dimounn pe mor, sa pa konsern zot sa. »