Les discussions entre les représentants des pêcheurs en grève de la faim et les autorités sont considérées comme « très constructives. » Mais le mouvement de protestation ne s’arrêtera pas tant qu’il n’y aura pas un accord concret entre les deux parties. C’est dans cette perspective que cinq nouveaux pêcheurs prendront le relais vendredi. Une réunion jugée importante réunissant différents ministères a lieu aujourd’hui.
La demande des pêcheurs des bancs pour intégrer le projet de réhabilitation du lagon a été bien accueillie par le ministère de la Pêche. Pour cela, les représentants des ministères de l’Environnement, du Tourisme ainsi que du Mauritius Oceanography Institute ont été invités à siéger sur le comité mis en place. Toutefois, à ce jour, aucun engagement concret n’a été pris. Ce qui pousse les pêcheurs qui sont au chômage depuis quelque temps à poursuivre leur grève. Dans leur entourage, on explique que par le passé, souvent « des promesses ont été faites pour mettre fin à un mouvement de grève, mais par la suite, il n’y a eu aucune concrétisation. »
Cette fois, ils veulent aller jusqu’au bout. « Il y a une réunion importante aujourd’hui, mais nous n’allons pas casser la grève pour autant. Cinq nouveaux pêcheurs viennent nous rejoindre à partir de vendredi. Nous voulons cette fois, quelque chose de concret et durable », dit Jeff Lingaya, porte-parole des marins pêcheurs.
Ce dernier souhaite l’utilisation des fonds internationaux pour mener à bien le projet. « Investissons dans un projet durable comme la réhabilitation du lagon au lieu que les fonds soient éparpillés dans les ONG. »
Par ailleurs, avec la création d’un syndicat des pêcheurs des bancs, les conditions d’emploi sur les bateaux ont aussi été abordées. « Le comité a pris connaissance des doléances des pêcheurs qui évoluent dans des conditions difficiles, particulièrement pour les campagnes de pêche d’hiver. C’est justement parce qu’ils ont refusé ces conditions qu’ils sont au chômage. Mais on a engagé des Malgaches à leur place et ceux-ci travaillent dans des conditions relevant de l’esclavage moderne. Nous comptons porter cette affaire devant la commission des droits humains. »