La résistance contre le Fishing Partnership Agreement entre Maurice et l’Union européenne (UE) s’organise. Le Syndicat des Pêcheurs a été rejoint dans la bataille par d’autres mouvements, dont la General Workers Federation, Rezistans ek Alternativ et des militants de l’environnement. Cette coalition dit non au « pillage » de nos ressources marines par les pays de l’UE.
« La mer n’appartient pas au gouvernement mais au peuple. Le gouvernement ne peut faire un accord avec l’Union européenne dans le dos des Mauriciens. » C’est en ces termes qu’Ashok Subron, porte-parole de la coalition réitère la demande pour que le Fishing Partnership Agreement 2012-2015 entre Maurice et l’UE soit rendu public avant sa signature.
Selon ce nouvel accord, 86 bateaux des pays européens seront autorisés à pêcher dans la zone économique exclusive (ZEE) de Maurice pour une durée de trois ans. Ils évolueront à 15 milles nautiques des côtes mauriciennes et il est aussi prévu que 860 pêcheurs locaux y trouveront du travail. De même, les bateaux fourniront du thon pour le seafood hub, permettant de sauvegarder quelque 7 000 emplois selon le ministère de la Pêche. De plus, l’UE paiera des frais de 2 millions d’euros annuellement à Maurice et financera des développements dans le secteur de la pêche.
Mais la coalition ne veut pas se laisser « berner » par ces offres. « Il n’est pas question d’accepter l’argent de l’Union européenne sans savoir quels sont les termes du contrat. » Pour Ashok Subron, garder cet accord secret constitue un acte antidémocratique envers la communauté des pêcheurs et le peuple mauricien.
De son côté, Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs, soutient que ces bateaux de pêche européens sont de « grosses machineries avec des filets immenses qui vont passer le peigne fin dans notre zone économique exclusive. » Il voit là une contradiction, alors qu’à Maurice, la pêche à la senne est autorisée seulement pendant une saison spécifique.
La coalition compte renforcer la sensibilisation sur cette question afin de gagner plus de personnes à sa cause. En l’absence de réaction des autorités, des manifestations seront organisées.