La grève de la faim pour la cause des pêcheurs de banc est désormais un mouvement collectif. Quatre pêcheurs ont en effet rejoint Mustapha Mohamed, alias Gandhi, qui en est à son 21e jour de grève. Selon Jeff Lingaya, porte-parole du comité de soutien, la grève ne s’arrêtera qu’en présence d’une « proposition fiable » du ministère de la Pêche.
Mario Joano, John Serret, George Claude Malepa et Alain Orian sont les quatre marins pêcheurs qui sont entrés en grève de la faim ce matin. Ils viennent rejoindre Gandhi qui en est, lui, à son 21e jour. Une mobilisation des familles de pêcheurs au Jardin de la Compagnie est aussi prévue mardi prochain. Les grévistes réclament des solutions appropriées pour les pêcheurs de banc, qui sont au chômage depuis un certain temps.
Lors de récentes négociations avec le ministère de la Pêche, il avait été décidé de leur accorder une aide sociale. Toutefois, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord concernant le nombre de pêcheurs sur cette liste. Un comité de soutien a été constitué pour accompagner les pêcheurs dans leurs démarches. Jeff Lingaya, le porte-parole, a dénoncé les « tentatives de casser la mobilisation ». Selon lui, toute négociation devra se faire en présence du comité de soutien, et non individuellement auprès des pêcheurs.
Anil Beeputh, qui siège sur le comité de négociation mis en place en février dernier par le ministère de la Pêche, avance, lui, qu’il y a « une tentative de réduire la communauté des pêcheurs de banc ». Il s’élève contre le fait que le ministère ne compte pas accorder d’allocation à ceux n’ayant pas travaillé dans ce domaine ces trois dernières années. « S’ils n’ont pas travaillé, cela signifie justement qu’ils n’ont pas d’emploi et qu’ils sont en difficultés. »
Il est d’avis que les solutions proposées par le ministère jusqu’ici ne sont pas applicables dans l’immédiat. « On ne peut demander à des personnes ayant travaillé sur des bateaux de pêche toute leur vie de se reconvertir dans un autre secteur du jour au lendemain. Il faut les accompagner. »
Jeff Lingaya ajoute que les pêcheurs sont disposés à travailler dans le secteur de la mer, qu’ils connaissent déjà. « Ils ont suggéré d’être engagés dans le repeuplement du lagon. » Il est aussi d’avis qu’avant « d’éliminer la communauté des pêcheurs », les autorités auraient dû prévoir une alternative pour eux.
Le porte-parole du comité de soutien réitère la détermination des pêcheurs d’aller de l’avant dans leur mouvement de grève. « Ils arrêteront qu’en cas de proposition fiable, avec l’accord de tout le monde. »
Jeff Lingaya lance un appel à la mobilisation de la communauté des pêcheurs en général pour qu’ils se joignent au combat. Une grande mobilisation est ainsi prévue au Jardin de la Compagnie mardi prochain. « Nous lançons aussi un appel à la solidarité pour aider les pêcheurs des régions lointaines, dont Bambous, Bambous-Virieux, Quatre-Cocos et Grand-Baie, à payer leur transport ce jour-là. Ceux qui veulent contribuer peuvent prendre contact avec la FPU au 464-3392. »
Jeff Lingaya est aussi d’avis que c’est « tout à son honneur » que Gandhi n’ait pas accepté que la liste des pêcheurs soit réduite. La réussite du combat, poursuit-il, dépendra de la solidarité des pêcheurs et des Mauriciens en général. Il estime aussi « inacceptable » que « des étrangers soient en train de pêcher dans nos eaux, alors que les Mauriciens n’ont pas d’emploi ».