Le ministre de la Pêche Nicolas Von Mally, qui a pris connaissance tardivement de la présence à Maurice du bateau sud-coréen accusé de pêche illégale, a affirmé qu’il ne fera aucune concession sur la question. Il rappelle que Maurice a signé des conventions sur la pêche illégale et qu’il convient de protéger l’image du pays.
Le thonier senneur sud-coréen Premier ne sera pas autorisé à débarquer sa cargaison à Maurice. C’est ce qu’a indiqué au Mauricien le ministre de la Pêche Nicolas Von Mally. Il explique que ce bateau ne figure pas encore sur la liste noire de l’Indian Ocean Tuna Commission (OITC), ce qui explique que son ministère n’ait été alerté qu’après la correspondance de Greenpeace. « Le bateau a déjà été refoulé aux Seychelles. Il n’est pas question qu’il vienne débarquer sa cargaison ici. Il y va aussi de notre réputation. » Nicolas Von Mally s’est aussi dit satisfait de la rapidité d’intervention de ses officiers lorsque ces derniers ont appris l’arrivée du bateau. Toutefois, rappelle-t-il, « on ne peut l’empêcher d’accoster pour s’approvisionner en eau ou en carburant. »
Les acteurs du seafood hub sont par ailleurs aussi en alerte maximale depuis l’arrivée du navire. Ils insistent sur le fait que Dongwon industries n’ait pas de client à Maurice. Greenpeace avait signifié son intention d’alerter les commerces et les consommateurs en Europe si le thon pêché illégalement était débarqué à Maurice. Dans une déclaration au Mauricien, le porte-parole de Princes Tuna a tenu à rappeler que la compagnie a « une politique très stricte en matière de source d’approvisionnement. » Et de souligner que « l’Illegal, Unreported and Unregulated Catch » est interdit selon ses normes.
Princes Tuna dit également être au courant que l’International Seafood Sustainability Foundation (ISSF) a initié une enquête sur Dongwon Industries. « Nous travaillons dans les paramètres de l’ISSF. Nous sommes très stricts sur l’approvisionnement et la traçabilité. »
Il nous revient en outre que Dongwon Industries avait fait une demande pour le pavillon mauricien avant que Greenpeace ne dévoile ses activités au grand jour.
Le Premier a été reconnu coupable de pêche illégale par les pays africains de la côte ouest. Plusieurs pays de la région, dont les Seychelles, lui ont refusé l’accès à leur territoire avant qu’il n’arrive à Port-Louis.