Des équipements utilisés pour la pêche illégale ont été détruits et enfouis hier à Mare-Chicose. C’est le résultat de plusieurs opérations crack-down du Fisheries Protection Service (FPS) du ministère de la Pêche, en collaboration avec la police, au cours de ces onze derniers mois. En parallèle, 444 contraventions ont été dressées et plus de Rs 800 000 d’amendes payées.
Sennes, harpons, éperviers, fusils artisanaux… les contrevenants n’ont pas lésiné sur les moyens pour piller les ressources marines. Ces pratiques durent depuis longtemps en dépit des dispositions légales. Souvent même, des cas de récidive sont notés.
Doté depuis peu de neuf dinghies motorisés, le FPS peut maintenant procéder à des interventions rapides, afin de mener plus efficacement le combat contre la pêche illégale. Cette unité a pu ainsi réaliser un grand coup de filet au cours de dix-huit opérations crack-down menées ces onze derniers mois.
Au cours de ces opérations, 10 235 mètres de sennes ont été saisies en 2012, tandis que de janvier à août 2013, 20 000 mètres ont été saisies. Il faut savoir que la pêche à la senne est réglementée à Maurice et qu’elle est autorisée uniquement à certaines périodes. De même, il faut respecter la dimension des mailles.
Hier, le matériel saisi a été détruit puis enfoui à Mare-Chicose. Selon Satish Dwarka, coordonnateur du FPS, ces équipements sont d’une valeur marchande de plus de Rs 8 millions. « Les opérations ont été menées à travers l’île. Les contrevenants ne sont pas nécessairement des pêcheurs, mais des usagers de la mer de manière générale », souligne Satish Dwarka.
Ces opérations menées en collaboration avec la Flying Squad et les éléments de la force régulière, ont permis de dresser 444 contraventions. « En 2012, des amendes à hauteur de Rs 516 000 ont été payées, tandis qu’à ce jour, pour 2013, les amendes s’élèvent à Rs 290 000. »
Pour le coordonnateur du FPS, cette performance démontre que l’unité « a atteint sa vitesse de croisière ». Satish Dwarka ajoute que ce travail s’avère très difficile car « la mer est vaste et il n’est pas toujours évident de savoir où les contrevenants vont sévir ».
C’est pour cela, poursuit-il, que la collaboration du public s’avère nécessaire. « Une hotline, en l’occurrence le 8001011 a été ouverte pour rapporter tout cas de pêche illégale. La confidentialité est assurée. Nous invitons le public à collaborer avec nous. »
Donner un signal fort
Le travail de garde-pêche, souligne Satish Dwarka, comporte également des risques. « Nous avons affaire à des personnes armées — harpons, fusils artisanaux, notamment — et des fois les interventions se font dans des conditions très tendues. » Qui plus est, fait-il remarquer : « On est en mer, loin de tout. »
Il y a en tout 188 officiers au sein du FPS dans les 16 Fisheries Post de l’île, ainsi que quatre équipes de la Flying Squad. « Nous intervenons à tout moment car nous avons un shift system sur 24/7. »
Avec ces opérations, les autorités veulent donner un signal fort pour décourager les pratiques frauduleuses. La nécessité d’une surveillance renforcée s’est fait particulièrement sentir depuis que le gouvernement a investi Rs 10 millions dans un projet de repeuplement du lagon.
Dès janvier 2012, les autorités ont procédé à la mise en mer des alevins dans différentes régions de l’île. Ces alevins, principalement des cordonniers, ont été pêchés de la mer, à l’aide de filets. Ils ont été élevés en captivité pendant un peu plus d’un mois au centre de recherche d’Albion, le temps d’atteindre la taille idéale, soit trois à quatre centimètres, avant d’être relâchés en mer.
Le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval avait d’ailleurs fait des recommandations fermes au lancement de ce projet à Blue-Bay en janvier 2012, invitant la National Coast Guard et le Fisheries Protection Service à assumer leurs responsabilités. « Il faut agir contre les fraudeurs et non pas tomber dans le laxisme. Le gouvernement sera très vigilant à ce sujet. On ne peut faire des efforts qui tomberont à l’eau par la suite », avait-il déclaré.
Avec le Marine Ranching Programme, le gouvernement compte relâcher environ 1 million d’alevins. Outre les cordonniers, des gueules pavées, des crabes et des crevettes sont aussi concernés par ce projet. D’où la nécessité d’une surveillance appropriée pour sa réussite.
Satish Dwarka laisse entendre que son équipe est déterminée à mener la traque aux fraudeurs.