Le Syndicat des Pêcheurs a écrit au ministre du Travail Shakeel Mohamed pour qu’il intervienne en faveur des pêcheurs de bancs actuellement sans emploi. Il propose que l’un des bateaux saisis pour pêche illégale soit mis à leur disposition. Le syndicat rappelle que les tentatives du ministre de trouver un terrain d’entente avec les propriétaires de bateaux ont été vaines.
Depuis plus d’un an, de nombreux pêcheurs de bancs sont sans emploi. Leur situation est devenue critique depuis que les propriétaires de bateaux préfèrent recruter des Malgaches . Deux d’entre eux ont même fait une grève de la faim au début de l’année pour attirer l’attention des autorités sur leurs difficultés. Suite à cela, le Premier ministre avait institué un comité tripartite, présidé par Shakeel Mohamed, pour trouver une solution. Mais après deux réunions, les propriétaires de bateaux ne sont plus venus.
Les pêcheurs de bancs étant toujours dans une situation difficile, leur syndicat a proposé une autre option au ministre du Travail. Dans une lettre adressée à Shakeel Mohamed la semaine dernière, Judex Rampaul, le président, rappelle que les bateaux saisis pour pêche illégale sont généralement mis en vente par l’État. Il demande au ministre d’intervenir en faveur des pêcheurs de bancs afin qu’ils puissent utiliser un de ces bateaux pour nourrir leurs familles.
Par ailleurs, le Syndicat des Pêcheurs attire également l’attention sur « l’exploitation » des Malgaches dans ce secteur. Selon l’un d’eux, avec lequel Le Mauricien a pu entrer en contact, leur salaire mensuel plafonne à Rs 2 800 pour 18 heures de travail par jour. « Nous travaillons dans des conditions très difficiles. J’entreprends actuellement des démarches pour rentrer à Madagascar », soutient-il.
Toujours selon ce dernier, les pêcheurs malgaches sont recrutés par un de leurs compatriotes qui agit comme agent auprès des compagnies mauriciennes. Il toucherait Rs 1 800 sur la tête de chaque pêcheur.