L’organisation internationale Greenpeace est de retour dans l’océan Indien depuis une semaine pour une nouvelle campagne contre la surpêche. L’objectif est de sensibiliser les pays de la région sur certaines pratiques destructrices utilisées par les bateaux pêchant dans leurs zones économiques exclusives. L’équipage récupère également des Dispositifs de concentration de poissons (DCP) échoués et qui représentent une menace pour l’environnement. Greenpeace insiste pour une période de fermeture « raisonnable » de la pêche au thon dans l’océan Indien.
L’Esperanza a mis le cap sur l’océan Indien depuis la semaine dernière. François Chartier, le chargé de campagne à bord, que Le Mauricien a joint par téléphone, indique que le premier constat est qu’il y a des DCP partout dans cette région. Ces objets flottants sont utilisés pour attirer des poissons, ce qui permet plus facilement aux thoniers senneurs de les pêcher. Toutefois, ces DCP sont néfastes à l’environnement, car « ils n’attirent pas seulement les thons, mais aussi d’autres espèces non ciblées, dont certaines sont très vulnérables, comme les tortues de mer », dénonce Greenpeace. À cet effet, il est estimé que les DCP génèrent 100 000 tonnes de rejets par an.
François Chartier confie qu’en une semaine dans la région, l’équipage de l’Esperanza a ramassé quatre DCP échoués et qui posent un problème de pollution.  « Nous faisons aussi un travail auprès des senneurs pour leur expliquer pourquoi nous sommes là. »
Un accord porté par l’Union européenne l’année dernière, et validé par la Commission des Thons de l’océan Indien (CTOI), suggère de « limiter » le nombre de DCP à 550 par navire. « Ce qui est incohérent, car la CTOI dit que les captures sont en baisse. Maurice en avait proposé 200, ce qui était plus raisonnable, mais cette proposition a été rejetée par l’Union européenne. »
L’enjeu actuel, ajoute François Chartier, se situe autour d’une période de fermeture de la pêche au thon dans l’océan Indien, le but étant de permettre aux stocks de se reconstituer. L’introduction d’un système de quota par navire doit également être considérée. « Tout doit être fait sur une évaluation scientifique. L’Union européenne parle d’un mois, c’est trop peu à notre avis. Il faudrait une période de quatre à six mois pour permettre aux stocks de se reconstituer. Il y a des discussions au niveau de la CTOI. Nous attendons d’ailleurs la proposition de Maurice à ce sujet. »
François Chartier ajoute par ailleurs que la collaboration entre Greenpeace et l’océan Indien est trop occasionnelle et mérite d’être revue. « Toujours est-il que le travail continue même quand nous ne sommes pas là. »
Pour ce qui est de la présente campagne, l’accent a été mis autour de Madagascar, des Seychelles et du canal du Mozambique. « Il y a actuellement une campagne pour dénoncer les méthodes destructrices de Thai Union, le leader mondial des produits de la mer. Cette compagnie a une unité de production de thons aux Seychelles. De même, une partie des armateurs français et espagnols, pêchant dans l’océan Indien, vendent leurs prises à Thai Union. » On retrouve les produits de Thai Union à travers le monde sous différentes marques, dont Petit Navire, Sealect, Fisho et Conserverie Parmentier.