Le Syndicat des Pêcheurs a organisé une manifestation pacifique devant le locaux de l’Union Européenne (UE) à Port-Louis aujourd’hui. Il dénonce les techniques de pêche utilisées par les bateaux européens dans notre Zone Économique Exclusive (ZEE). Selon les pêcheurs, celles-ci seraient néfastes à l’environnement et à leurs activités. Ils disent avoir le soutien du mouvement international Greenpeace sur la question.
L’accord de pêche avec l’Union Européenne prévoit que 86 bateaux européens pêcheront dans notre ZEE pour une période de trois ans. En contrepartie, l’UE versera à Maurice une somme de 357 500 euros et 302 500 euros, chaque année, pour respectivement le permis de pêche et le développement de ce secteur. Au total, une somme de 1 980 000 euros sera versée pour les trois années.
L’accord prévoit que les bateaux européens pêcheront à 15 miles nautiques des côtes mauriciennes, alors que le dernier accord en date prévoyait 12 miles nautiques. De même, la possibilité que 10 marins mauriciens trouvent de l’emploi sur ces bateaux est envisagée.
Mais les pêcheurs locaux s’opposent à cet accord. Ils dénoncent le fait que les techniques utilisés par les senneurs et palangriers sont néfastes pour l’environnement. Ceux-ci, disent-ils, ont un nombre élevé de bycatch. Par ailleurs, les Fish Aggregating Devices (FADs) seraient responsables de surpêche, maintiennent-ils.
Les pêcheurs disent également être affectés par la présence de ces bateaux, vu qu’ils pêcheront à 15 miles nautiques de nos côtes. Ils se demandent également où sont les développements promis avec l’argent de l’Union Européenne.
Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs, se dit en faveur d’une industrie de pêche basée sur des techniques durables comme aux Maldives. Le récent passage d’une équipe de Greenpeace dans la région a apporté un soutien non négligeable aux pêcheurs sur ce dossier.