Le ministre de la Pêche, Prem Koonjoo, a annoncé la semaine dernière à l’Assemblée nationale que trois sociétés coopératives obtiendront une aide à hauteur de Rs 4 millions pour l’achat d’un bateau de pêche semi-industriel, soit 50 % du coût. Pour les 50 % restants, des facilités leur seront offertes pour des emprunts à travers la Maubank. Judex Rampaul, du Syndicat des Pêcheurs, souhaite que cette aide aille à des pêcheurs « genuine ».
Annoncée dans le Budget 2016-17, la mesure, selon laquelle trois sociétés coopératives obtiendront une aide à hauteur de Rs 4 millions pour l’achat d’un bateau de pêche semi-industriel, peinait à se concrétiser. L’exercice d’appel d’offres a d’ailleurs été renouvelé en trois occasions. Prem Koonjoo a finalement annoncé au parlement que trois sociétés coopératives ont été sélectionnées pour ce “grant”. « Les procédures pour le déboursement des fonds sont en cours », soutient-il. Prem Koonjoo a même insisté sur la nécessité d’encourager les pêcheurs locaux à aller sur les bancs car de la capacité de 5 200 tonnes de poissons disponibles, seules 2 000 tonnes sont pêchées chaque année.
À ce jour, les noms de ces trois sociétés coopératives n’ont pas encore été révélés. Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs, se réjouit de constater que le dossier évolue. « Cela fait longtemps que nous l’attendons. Cette aide financière pour l’achat de bateaux semi-industriels est une bonne chose car la pêche dans le lagon n’est plus rentable. Cela permettra également à cet espace de respirer, en réduisant les activités de pêche. »
Toujours est-il que Judex Rampaul émet le souhait que cette aide profite à des pêcheurs « genuine ». Souvent, dit-il, on retrouve dans des coopératives « deux ou trois pêcheurs qui servent de couverture, alors que ce sont de gros bailleurs de fonds qui tirent les ficelles ». Il affirme également avoir collaboré avec des coopératives qui ont soumis leurs projets. « Nous avons bénéficié du soutien d’Éric Mangar, du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire, qui a déjà travaillé sur le projet Serenity. C’est le premier bateau de pêche semi-industriel géré par une coopérative de pêcheurs et financé par le Food Security Fund. Ce modèle a porté ses fruits. D’où la nécessité d’étendre le projet. »
Les pêcheurs insistent une nouvelle fois sur la nécessité de la formation, afin de préparer les jeunes à se lancer dans ce secteur. À l’Assemblée, Prem Koonjoo, lui, a affirmé que trois nouveaux cours ont été introduits à la Mauritius Maritime Training Academy, à savoir Pre-sea training for general purpose ratings, Fishing vessel general purpose ratings/Fisherman course et Training of skippers’ boats of less than 24 meters.