L’aile féminine du Mouvement socialiste mauricien (MSM) a exprimé sa révolte face au développement de l’affaire de pédophilie alléguée au MITD. C’était hier, lors d’une conférence de presse à Port-Louis.
Selon sa présidente, Leela Devi Dookun-Luchoomun, « aucune action concrète n’a été prise pour faire éclater la vérité alors que des dénonciations ont été faites depuis le 21 novembre 2011 sur ce cas ». Malgré l’existence des lois pour la protection des mineurs, Mme Dookun estime que « les institutions abdiquent devant leurs responsabilités ». Selon elle, « au lieu de protéger les jeunes et faire éclater la vérité dans cette affaire qui implique une jeune de 14 ans, le gouvernement se range du côté de la personne sur qui pèsent des allégations ».
De plus, poursuit-elle, « les deux professionnelles, la psychologue et l’enseignante, qui ont dénoncé ce qui s’est passé, ont été arrêtées et licenciées ». Elle est d’avis qu’elles ont agi selon les clauses de la Child Protection Act et n’ont donc commis aucune entorse.
Mme Dookun soutient que toute la population est révoltée concernant cette affaire. Elle indique que le MSM poursuit son combat pour que toute la vérité éclate car, poursuit-elle, « les mineurs doivent bénéficier d’une protection ».
La présidente de l’aile féminine du MSM invite, par ailleurs, les ministres Sheila Bappoo et Mireille Martin à redéfinir leur rôle. Elle veut également connaître leurs réactions suite au traitement que subissent actuellement la psychologue et l’enseignante. « Ces deux femmes sont victimes. Cette mineure a avoué avoir eu des relations sexuelles avec son instructeur. Aucune femme du côté de la majorité n’a fait entendre leur voix. Pourquoi ? », demande-t-elle. Et pourtant, poursuit-elle, « en décembre 2012, Mme Bappoo, avec une vitesse terrifiante, s’était rendue au bureau du CCID pour consigner une déposition contre Pravind Jugnauth ». Celui-ci avait été arrêté et subi un long interrogatoire le 26 décembre et un deuxième le 3 janvier. Elle soutient aussi que « toutes les autres dénonciations sont restées lettres mortes ».
Se fondant sur « des chiffres émis par le Bureau central des statistiques à l’effet que 100 000 personnes à Maurice vivent dans la pauvreté absolue », Mme Dookun estime que « 80 000 jeunes ne peuvent profiter de leur jeunesse ; ils ne mangent pas à leur faim et grandissent dans la précarité ». Selon elle, « le gouvernement n’a aucune vision pour les jeunes de ce pays ».
Leela Devi Dookun-Luchoomun interpelle toutes les mères mauriciennes sur cette affaire. Elle insiste pour qu’« une vraie enquête soit menée et que le coupable ne reste pas impuni ».