La MITD Employees Union (MITDEU) et la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) invitent le commissaire de police à rouvrir l’enquête sur l’affaire de pédophilie alléguée au MITD. Selon Hemant Madhow, président de la MITDEU, suspendu puis réintégré dans le cadre de cette affaire, « il y a eu des dommages collatéraux et il faut aujourd’hui situer les responsabilités ». De même, il est d’avis qu’il y a eu des « soupçons de cover-up » dans cette enquête au même titre que celle de Roches-Noires, d’où la nécessité de rouvrir ce dossier.
« Le scandale MITD a été l’un des thèmes de la campagne électorale. Il est donc important que cette enquête soit rouverte, tout comme celle de Roches-Noires ». Le syndicaliste Hemant Madhow rappelle que dans cette affaire de pédophilie alléguée, enfants, enseignants et psychologues ont été impliqués. « Il est temps aujourd’hui que la population ait accès à la vérité. Que s’est-il vraiment passé ? A-t-on cherché à couvrir quelqu’un ? La perception de cover-up est là et c’est à la police de démontrer si tel a été le cas. »
Hemant Madhow qui, rappelons-le, avait été suspendu de ses fonctions dans le cadre de cette affaire suite à certaines déclarations dans la presse, souhaite que le commissaire de police rouvre cette enquête pour la confier à « une équipe dévouée ». Il ajoute : « L’enquête criminelle sur la pédophilie alléguée n’a jamais démarré. Il faut savoir pourquoi et chercher la faille. »
Cette affaire de pédophilie alléguée au MITD, impliquant un proche de l’ancien ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree et une élève, remonte à 2013. Elle avait fait la Une de tous les journaux et avait été commentée par les partis d’opposition d’alors, y compris le MSM. Le leader de ce parti, Pravind Jugnauth, avait même été arrêté dans le cadre de cette enquête, réclamant par la suite Rs 100 millions de dommages à l’État. Dans cette même affaire, la psychologue Pascale Bodet et l’enseignante Sudha Singh, toutes deux du MITD, avaient aussi été arrêtées avant de voir les charges de complot portées contre elles rayées.
Hemant Madhow est d’avis qu’il est temps de faire la lumière sur toute cette affaire, d’autant que la personne qui avait porté plainte contre les deux dernières nommées était « un agent de Vasant Bunwaree » qui, regrette-t-il, « est toujours en poste au MITD ».
Par ailleurs, le syndicaliste est d’avis que « l’image et la réputation du MITD ont souffert sous l’ancien gouvernement. » Non seulement pour cette affaire de pédophilie alléguée, mais aussi en ce qui concerne la gestion. Il invite ainsi à une réforme du secteur de la formation technique. « La formation est un pilier de l’économie. Or, l’institution chargée de la formation est en panne. Il n’y a même pas un directeur. »
Hemant Madhow souhaite que le MITD, le HRDC et la MQA soient regroupés sous une même ombrelle pour plus d’efficacité. Il invite aussi à changer le regard sur la formation technique. « Il n’y a pas assez de considération pour ce secteur. On croit que ce ne sont que ceux qui échouent dans le mainstream qui se retrouvent au MITD. Or, la formation technique est importante pour notre économie. Il nous faut aujourd’hui des intelligent skilled workers. »