Les statistiques au sujet des tentatives d’internautes mauriciens d’accéder à des sites montrant des abus sexuels sur des enfants indiquent une baisse. En décembre 2013, les autorités ont comptabilisé plus de 7 000 tentatives d’internautes mauriciens d’accéder à ces sites, soit presque quatre fois moins que le mois précédent, avec plus de 27 000 clics.
Les mécanismes instaurés par les autorités pour décourager l’accès aux sites montrant des abus sexuels sur des enfants, pour ainsi protéger ces derniers, semblent porter leurs fruits. Les chiffres compilés par l’Information Communication & Technologies Authority (ICTA) démontrent en effet un net recul. Les statistiques durant la fin de l’année 2013 démontrent que le nombre d’adresses IP, dont l’accès à des sites de pédopornographie ont été bloqués, s’élevait à 992 en décembre 2013, contre 1 227 le mois précédent. Tandis que 1 118 internautes mauriciens ont été refusés d’accès lorsqu’ils ont tenté d’accéder à un URL menant à ce type de sites, en novembre 2013, leur nombre était de 1 631.
L’année dernière, l’ICTA et l’Internet Watch Foundation (IWF) – une organisation du Royaume-Uni indépendante qui lutte contre les contenus illégaux sur internet – ont mis sur pieds un Child Sexual Abuse Reporting Portal (OCSARP), à travers lequel les utilisateurs d’internet à Maurice peuvent signaler des sites Web montrant des images ou vidéos d’agressions sexuelles contre des enfants. L’IWF se charge de mener une enquête technique après que des sites, hébergés localement ou ailleurs, auront été rapportés par des internautes mauriciens. Après avoir analysé les documents en question, l’IWF demandera, si cela s’avère nécessaire, au FAI ainsi qu’aux services de police d’initier des actions pour que ces contenus inappropriés soient retirés de la toile. La fondation travaille en collaboration avec les services de police,
des organismes internationaux – comme l’Union internationale des télécommunications et Interpol – et les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI), à qui elle transmet une liste noire d’adresses internet devant être filtrées, qui est ensuite utilisée par les FAI pour en censurer l’accès à leurs clients.
Le portail, hébergé à l’ICTA, vient en effet en complément du système de filtrage en ligne des contenus pédopornographiques mis sur pieds par le régulateur en 2011, avec le support des FAI locaux, en permettant aux internautes de rapporter des images, films ou autres articles et matériels axés sur des abus sexuels sur mineurs, anonymement ou en indiquant leurs données personnelles. Malgré une baisse notée dans les tentatives d’accès, le problème de pédopornographie demeure néanmoins un problème sérieux. Le système de filtrage en ligne n’est qu’une des composantes de la lutte contre la pédopornographie, en agissant comme une sorte de « bouclier » entre le réseau Internet et l’ordinateur de l’utilisateur en filtrant l’accès à des matières potentiellement choquantes ou offensantes.