L’Afro-Américain de 42 ans Troy Davis, devenu, selon la presse internationale, le symbole de la lutte contre la peine de mort, a reçu une injection mortelle hier soir au pénitencier de Jackson, en Géorgie. Un petit groupe de militants de droits humains mauriciens a manifesté en vain hier après-midi devant l’ambassade des États-Unis à Rogers House, Port-Louis, contre cette exécution capitale.
« L’exécution de Troy Davis vient malheureusement prouver encore une fois qu’un État peut être le plus grand des criminels. Il peut ignorer un appel unanime à la clémence et tuer de sang froid ! » s’indigne Kavy Panyendee, qui parlait au Mauricien en tant que « militant des droits humains » et non en tant que membre d’Amnesty International (Maurice).
Avec un petit groupe de militants des droits humains, dont l’ancienne ministre Jocelyne Minerve, Kavy Panyendee a pris part hier après-midi à une manifestation pacifique devant l’ambassade des États-Unis pour protester contre l’exécution de Troy Davis, qui était imminente.
« L’exécution de Troy Davis nous fait penser à ces sacrifices humains d’autrefois qu’on faisait soit pour apaiser la colère d’un quelconque dieu soit pour satisfaire une soif de vengeance censée divine », commente notre interlocuteur.
Dans le sillage de l’exécution de Troy Davis, Kavy Panyendee met les Mauriciens en garde contre une éventuelle réintroduction de la peine de mort à Maurice. « Réintroduire la peine capitale, c’est retourner au temps de la barbarie ! »
Le passage dans le couloir de la mort est une forme extrême de torture, affirme le militant des droits humains. « Troy Davis, qui a attendu ainsi 20 ans dans le couloir de la mort et qui a vu son exécution repoussée en au moins trois occasions, est ainsi mort plusieurs fois avant d’être finalement exécuté. Peut-on imaginer pareille torture ? »
Troy Davis a été condamné à mort pour le meurtre de Mark Allen MacPhail, policier abattu le 19 août 1989 à Savannah, en Géorgie. Depuis le début de son inculpation il a nié être l’auteur du crime.
Selon ses partisans, il n’y a aucune preuve matérielle de sa culpabilité. L’accusation, disent-ils, repose seulement sur les déclarations de témoins, dont sept sur neuf sont revenus, au cours des années, sur leur déposition.
En outre, de procédures en procédures, l’exécution du condamné a été reportée in extremis à trois reprises, avant d’être finalement effectuée hier soir.
Plusieurs centaines de milliers de citoyens dans le monde ont en vain appelé les autorités américaines à commuer la condamnation à mort de Troy Davis et à rouvrir un procès. Pour la même raison, la section mauricienne d’Amnesty International a organisé vendredi dernier une veillée aux chandelles devant l’ambassade des États-Unis à Port-Louis.
Selon la presse internationale, juste avant l’injection mortelle au pénitencier de Jackson (Géorgie, sud-est), Troy Davis a répété qu’il n’était pour rien dans la mort du policier blanc pour laquelle il a été condamné en 1991. « Ce n’était pas de ma faute, je n’avais pas d’arme », a déclaré Troy Davis, selon une journaliste locale qui a assisté à l’exécution aux côtés de parents de la victime. « À ceux qui s’apprêtent à m’ôter la vie, que Dieu vous bénisse », a ajouté le condamné.