À l’heure où Malcolm de Chazal a été décrété mercredi dernier citoyen d’honneur de la ville de Curepipe – ce qui honore certainement bien plus la ville lumière que l’artiste lui-même qui n’a nullement besoin de titres honorifiques –, le showroom d’Allied Motors s’apprête à exposer une cinquantaine de ses oeuvres, prêtées par des collectionneurs privés, l’ambassade de France et la Fondation Malcolm de Chazal. Ces oeuvres seront visibles à Réduit du 25 octobre au 13 novembre. Quinze d’entre elles viennent de la Fondation Malcolm de Chazal, dont c’est la première et unique donation.
La peinture est le médium qui a le plus popularisé l’oeuvre et la pensée de Malcolm de Chazal, mais elle représente paradoxalement la part de sa création qui a le moins suscité d’études critiques, universitaires et de commentaires écrits. De son vivant, le peintre bradait littéralement ses travaux, les donnant d’ailleurs très souvent à ceux qu’il en jugeait dignes. Aussi, ce peintre tardif se serait-il mis à ses pinceaux vers les années 60 après avoir vu peindre une fillette de neuf ans auprès de sa mère. La petite, dénommée Martine Hatswell, a d’ailleurs fait don du manuscrit de « Message de Sens Plastique » à la fondation, qui vient de le publier à l’Atelier d’Écriture. Une exposition qu’il a proposée à Dakar en novembre 1973 dit notamment que depuis ces premiers pas, il en a fait de nombreuses autres, qui ont « suscité les rires et la commisération de certains de ses compatriotes ».