C’est un irrépressible besoin d’absolu. Peindre, pour Alix Le Juge, c’est vivre, capter la lumière. C’est un cheminement dans la nuit, un parcours en dent de scie, mais bien ancré dans le monde qui l’entoure — le monde artistique, le monde végétal. La nouvelle exposition de l’artiste est visible à la galerie Imaaya, (The Cubicle, Phoenix) jusqu’au 13 mai 2016. « I know you are there » figure la vie imagée, les nuages, les arbres… Chaque toile recommencée convoque la nature pour gagner l’espoir. Poussée par une histoire personnelle et parce qu’elle croit au flamboiement du crépuscule, aux mille vibrations de l’aube qu’Alix Le Juge nous présente une exposition flottante (Somewhere across the distance, Partir loin, Ocean, Infinity X). La vingtaine d’huiles et études à l’aquarelle exécutée par Alix s’articule selon un mouvement lent ; il y a sa propre respiration, ses textes subtils, les heurts aussi. L’espace pictural oscille entre tristesse et exaltation. L’artiste chérit l’éphémère, la fragilité, la délicatesse des choses. Elle met en place un jeu de forces, un jeu de tons, dit-elle. Mais le précaire, le tremblant, l’imperceptible, l’emportent finalement. Entre la forme et l’informe, Alix cherche un équilibre. Sa peinture se situe au-delà de l’abstraction et de la figuration, au-delà du sujet bien démarqué, du concept. Elle opte pour la gamme des bleus pour aller vers l’océan, vers un espace infini, les lieux ou la lumière lui paraissent crue. Ainsi, Alix avance dans le déséquilibre et il est difficile d’éclairer cette histoire personnelle, ce corps à corps de la peinture avec l’énigme de la vie et de la mort. Pour captiver l’oeil du spectateur, elle offre des plans largement brossés qui se dispersent, s’achèvent en plans largement contrastés. Les tons sont généralement clairs. Dans certaines toiles on passe du trait au vert des arbres. Nous sommes sans cesse pénétrés par la nature.