Quarante-cinq toiles exposées à la galerie d’art du MGI. Pierre Argo présente des scènes et des histoires en peinture, mélangeant techniques et matières. L’exposition est ouverte jusqu’au 3 juillet.
Argo, l’artiste, n’a plus rien à prouver. On retrouve, accrochée au mur de la galerie, toute la générosité d’un homme habitué à partager sa vision de la vie et du monde sans crainte de dévoiler ses états d’âme. Les abstraits de Pierre Argo sont aussi sincères que peut l’être une photo volée sur un coup de coeur.
Sur la toile, l’homme reproduit les pensées en mélangeant les peintures, les formes, les techniques, les matériaux, les impressions du moment. Réalisées ici ou ailleurs à différentes périodes de sa vie, les peintures de Pierre Argo exposent des époques changeantes. Aujourd’hui, on parle de Maurice Île Durable. Un concept rendu tangible par ces bâtiments futuristes, dits green, qui sortent de terre d’un air orgueilleux. En face, sur l’autre mur, l’artiste reproduit la délicatesse des dentelles en fer qui faisaient des maisons coloniales habillées de fer forgé de belles dames créoles.
Exploration.
Entre ses deux courants architecturaux, l’histoire de Maurice a accueilli de nouveaux chapitres. Comme ce fameux 12 mars 1968, lorsque SSR a salué une dernière fois les Anglais sur le départ au Champ de Mars. Argo s’est inspiré de la légendaire photo pour rappeler cet instant. Quelques mètres plus loin, le Diego qui se détache d’un autre de ses tableaux rappelle que la liberté des uns avait été payée par le déracinement des autres.
Argo s’est également souvenu de certains de ces paysages qu’il avait peut-être déjà eus dans son viseur dans le passé. Le photographe qui a présenté les scènes, les visages, la culture de Maurice du ciel comme en mode macro, propose cette fois d’aller à la rencontre du pays en peinture, selon sa technique.
Bouquet, Dan bor dilo, L’Âtre, Calor, Sinosophie, Depi Rozill, Magmatique… Grands formats, carrés, rectangles, triptyques : les 45 tableaux exposés en ce moment au MGI invitent à une exploration profonde. L’image est composée de plusieurs éléments, en apparence disparates, qui cohabitent autour d’un même thème pour conter une histoire. De la peinture, des imprimés, des empreintes de semelles, des bouts de papier journal, des A, d’autres lettres, de l’écriture…
Ouverte depuis le 21 juin, l’exposition sera visible jusqu’au 3 juillet.