« Picasso a dit “Un peintre peint ce qu’il vend. Un artiste vend ce qu’il peint”. J’essaie d’être un artiste. » Fabien Cango a terminé une petite conversation téléphonique avec nous sur cette citation pour nous parler de sa quête, inlassable, en peinture. Le peintre de Terre-Rouge n’a pas exposé en solo à Maurice depuis 2001, et sa dernière contribution publique remonte à 2004, en France, à Fontainebleau. Il vous confiera qu’il n’a pas besoin d’exposer car les gens qui aiment sa peinture viennent le voir directement dans son atelier. Mais quand Charlie d’Hotman la fondatrice de la galerie Imaaya a insisté, il s’est laissé faire et ne le regrette pas. Nous non plus ! Immensément petit : trente-cinq tableaux et une dizaine de dessins à savourer.
La galeriste de Phoenix nous confie qu’elle a effectué de nombreuses visites chez Fabien Cango pour préparer Immensément petit, véritable événement dans le monde de la peinture. À chaque fois, elle s’est plongée un peu plus profondément dans les créations de cet artiste, dont on oublie peut-être un peu trop souvent qu’il ne peint pas seulement des scènes de rue port-louisiennes… « Il a commencé en me montrant ses scènes port-louisiennes, c’est normal. Et c’est seulement à la quatrième visite qu’il est passé à d’autres sujets, plus intimes, plus variés, le capharnaüm d’une cuisine après une fête, des bouteilles sur une plage, une dame en train de cuisiner, une marine, etc. » Fabien Cango dévoile beaucoup de son intimité dans cette exposition. Immensément petit ouvre ses portes au public à partir de vendredi, et l’artiste y accroche pour la première fois quelques-uns de ses dessins, une petite dizaine. À leur propos, il nous expliquait en 2001 qu’ils sont sa matière première et qu’il ne peut en aucun cas s’en séparer.
« C’est la première fois que je les expose, nous confie-t-il aujourd’hui, et je ne veux toujours pas les vendre. Mais comme je dois en avoir plus de 50 000, j’accepte exceptionnellement d’en vendre quelques-uns… » Quelques-uns parmi eux ont été aquarellés, marquant une progression vers la peinture, qu’il réalise généralement à l’acrylique sur la base d’une palette relativement restreinte, qui oscille entre les bleus, les ocres et les rouges. « Ils témoignent de mon observation de mon environnement, de tout ce avec quoi je suis constamment en contact. Ils sont très précieux pour moi pour vivre. Je fouille mon environnement avec le papier et le crayon, et à certains moments, je fais un tableau. Tout mon travail de recherche, je le fais avec les crayons. »