L’hôtel Hennessy Park à Ebène accueille une douzaine de toiles, des acryliques, de l’artiste peintre Gilberte Marimootoo Natchoo en ce début d’année. Connue pour ses voiliers, ses représentations de la femme et ses abstraits, elle propose « un survol » de sa peinture.
Pendant seize ans, Gilberte Marimootoo-Natchoo, artiste autodidacte, n’a cessé au gré de ses journées de produire des toiles. Abstraites ou figuratives : l’artiste s’exprime en fonction de ce qu’elle ressent, puisant beaucoup de la nature. Que ce soit les formes ou les couleurs, elle emmagasine tout, dit-elle. « Les idées sont là et je peins ce que je ressens ». La plupart du temps avec les mains et les doigts. Une thérapie ! « Le contact avec le matériel – peinture et toile – est direct. Cela me permet d’aller au plus profond de moi-même et de dégager mes émotions sans aucune barrière ». En outre, tout autre mode d’application de la peinture sur la toile y passe. Même l’emballage de plastique qui recouvrait le canevas blanc…
La naissance, représentée par un corps de femme nu qui sort de terre et dont on ne voit que la moitié, pourrait certainement être considérée comme la pièce maîtresse de cette exposition. Cette toile de grand format aux couleurs chaudes et dorée invite à une contemplation. Selon le parcours proposé par l’artiste, elle est suivie par celle où l’on voit la silhouette de deux jeunes filles, toutes nues. Une nudité assumée. Le choix des couleurs porte de nouveau sur des tons chauds.
C’est ensuite la jeune mariée, mais pas dans une robe traditionnelle blanche, qui est représentée. Les couleurs pastel traduisent l’innocence de cet être qui commence une nouvelle vie. C’est aussi une cassure entre le monde de l’insouciance et celle de la vie d’adulte. De cette femme qui est protégée par un voile à la vamp, en passant par la dévoilée qui est agressée par le regard des hommes. Ce triptyque, mi-abstrait et mi-figuratif, en noir, blanc et rouge, évoque l’évolution de cette femme. Le visiteur remarquera sans doute le changement qui s’opère chez elle par l’utilisation du rouge. Le blanc qui apporte une certaine luminosité à l’oeuvre contribue à dramatiser la scène évoquée. Dans les trois, Mme Natchoo garde le blanc de la toile. « Une façon de les épurer », dit-elle en précisant que chacune d’elle se tient toute seule.
Son cheminement intérieur est évoqué à travers une autre série de trois tableaux. Le premier, un abstrait intitulé Chaos, traduit la nature dans une profusion de couleurs. L’observateur trouvera indubitablement une certaine harmonie à travers des lignes directrices qui conduisent ses yeux d’un bout à l’autre et en profondeur. Le deuxième de cette série représente, affirme l’artiste, l’énergie qui se dégage d’un corps inerte sur le sol. Sur un fond abstrait aux couleurs foncées, du rouge au noir, en passant par le marron et l’orangé, elle rajoute des pointes de jaune et du blanc qui représenteraient cette énergie dont elle parle… De la lumière y rejaillit aussi. Ce trio prend fin avec la sérénité d’un fond bleu nuancé.
Une exposition sans les traditionnels voiliers de Gilberte Marimootoo-Natchoo pourrait sembler incomplète surtout si elle parle d’« un survol de son travail ». Le visiteur aura donc le plaisir de les admirer sur trois tableaux.
L’exposition-vente est ouverte jusqu’à la fin du mois. Entrée libre.