On le connaît slameur. Le “clameur” de mots pose sa plume pour prendre les pinceaux et les couleurs. Il tisse sa toile et dévoile son univers inspiré de l’impressionnisme.
Si les mots ont précédé les couleurs sur la scène artistique, c’est dans le bassin de la lumière des peintres impressionnistes que Jamel Colin s’est éveillé. À l’adolescence, il profitait de ses sessions de peinture avec le père Lourdes, en particulier durant les vacances scolaires. Par la suite, c’est auprès du peintre Fabien Cango, sur les conseils du père Filip Fanchette, qu’il affinera ses coups de pinceau et sa maîtrise des couleurs. Aujourd’hui, il explore encore les techniques et les genres pour proposer enfin une expo en solo.
Essence
C’est en 1999 qu’il donne sens à ses couleurs. Voulant présenter ses créations dans le cadre d’une exposition, il sollicite le soutien du père Filip Fanchette, curé de Notre Dame de l’Assomption à Roche Bois. Ce dernier lui propose une salle à cet effet mais lui conseille d’aller voir Fabien Cango avant de se lancer dans cette aventure.
Jamel ira à la rencontre de l’artiste. Après avoir passé en revue ses dessins, le plasticien lui demande de tout recommencer. “Il m’a invité à venir à ses ateliers les week-ends.” Jamel y restera six ans et fera sa première expo collective en 2001 à l’Alliance française de Bell Village.
Variations
Depuis ses années d’apprentissage chez Fabien Cango, Jamel Colin explore d’autres voies picturales. Avec plusieurs approches, “une touche plus contemporaine”, comme dans ses abstractions inspirées par Van Gogh ou dans ses déformations du baobab pour laisser paraître des formes sensuelles. “Je laisse des codes et des symboles dans mes peintures pour dire des choses, comme le poisson qui symbolise la liberté.” Jamel Colin, qui signe F. Colin (pour François) sur ses toiles, évoque aussi ce qui touche à l’environnement. Le concept green trouve sa place pour dénoncer la “jungle en béton”.
De l’aquarelle au crayonnage ou le feutre sur le bois, du papier ou du canevas, les créations de Colin exposent sa vision. En ce moment, il explore aussi des tableaux à “double sens”, que l’on peut lire dans deux positions. “Ma peinture est toujours en gestation. Je suis en perpétuelle quête de renouveau.”