Pendant une semaine, l’artiste sicilien Pino Ragusa invite le public à une découverte des coins peu connus de Maurice à travers 35 huiles qu’il a peintes sur place durant ses deux dernières années et qu’il expose à l’Alliance française de Bell-Village. L’exposition intitulée « Plein air » se tiendra jusqu’au 21 septembre.
Des maisons en tôle rue Madras, Port-Louis, peintes vers octobre 2012 et qui ont disparu aujourd’hui, rue Tang Kwen à Port-Louis aussi, endroit privilégié des artistes paysagistes, le chantier naval de Grand-Gaube, une boutique en pierre à Crève-Coeur, la montagne des Signaux, la montagne du Morne… sont autant de lieux à qui son ami Yves David, paysagiste reconnu à Maurice, et lui-même ont servi de témoins le temps de les coucher sur canevas.
Depuis deux ans, Pino Ragusa découvre le bonheur de peindre en plein air. « J’ai découvert cette façon de peindre que je trouve très agréable », indique-t-il. Jusqu’ici, l’artiste, graphiste de formation, travaillait surtout en atelier peignant des natures mortes ou des paysages à partir de photos.
Marié à une mauricienne, il vit à Maurice depuis le début des années 2000. Il expose en solo pour la première fois à la galerie Max Boullé à Rose-Hill en 2002. Il poursuit son exploration de l’île et découvre le travail d’Yves David. « Je ne le connaissais pas personnellement. Par la suite, on s’est croisé et on a échangé. Il me disait qu’il peint à l’extérieur et on s’était mis d’accord pour sortir ensemble. Cependant, ce n’est que deux ans de cela que j’ai repris contact avec lui et on a commencé à sortir ensemble tous les lundis. On est devenu ami », raconte Pino Ragusa qui lui voue une grande admiration. Yves David est parmi les derniers et fait partie des peu qui peignent in situ.
Pino Ragusa qui maîtrise déjà le « nombre d’or », caractéristique du style classique, et qui donne un certain équilibre à son art, suit de près le coup de pinceau de David : des tâches de peinture travaillées en pâte. L’influence de celui-ci est d’ailleurs visible dans ses travaux surtout dans l’exécution des dernières toiles. D’aucuns qui visitent l’exposition pourront certainement voir l’évolution quasi chronologique de l’artiste avec le même réalisme esthétique que privilégie son ami. La perspective de couleurs comme celle des lignes est bien présente. « Durant ces deux ans, j’ai approfondi ma connaissance en peinture de paysages tropicaux et in situ en regardant Yves et en suivant quelques conseils. On échange beaucoup », dit-il. En quittant la Sicile pour Maurice, le plus grand défi pour Pino Ragusa était la maîtrise d’une nouvelle palette de couleurs, plus vives. « Ici, j’ai beaucoup de temps pour apprécier la nature et ses couleurs. Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui sortent mais je dois dire que c’est une expérience fort enrichissante que de peindre en contact avec la nature. On peut aller dans ses moindres détails pour restituer l’atmosphère », observe-t-il.
Pino Ragusa indique que tous les deux, sortent dans la matinée. « Rarement dans l’après-midi mais cela nous arrive. Entre 80 % et 90 % du travail est réalisé sur place. Au moment où je commence à peindre, je fais des photos et je complète avec certains détails à la maison. »
Le vernissage a eu lieu hier et l’exposition reste ouverte jusqu’au 21 septembre. Les tableaux sont en vente.