Couloirs, médiathèque, atrium et galerie… Khalid Nazroo s’est emparé des murs de l’Institut français de Maurice pour une rétrospective qui permet aussi bien de voir des oeuvres de jeunesse comme le Sega rose, que quelques-unes des lithographies que l’artiste a réalisées l’an dernier au Nouveau Mexique, grâce à un séjour en résidence à l’atelier Tamarind d’Albuquerque. Les travaux exposés ont été choisis par les représentants de l’IFM dans l’atelier et les réserves de cet ancien professeur du Mauritius Institute of Education.
Au moyen de toiles, de monotypes, de lithographies, dans des formats classiques mais variés, cette exposition entend inscrire la vision que l’artiste a de son pays dans la mémoire. Si le paysage l’a toujours hanté comme en témoignent les compositions de nombre de ses travaux, comme nous le rappellent régulièrement les lignes d’horizon mauriciennes qu’il y introduit régulièrement dans la continuité de Malcolm Chazal, comme nous le racontent les nombreux éléments de notre architecture multiculturelle dont il émaille son imagerie, « pays sage pays fou » évoque peut-être davantage ce que les hommes font de leur pays et de leur paysage…
« Pays sage, pays fou » nous y invite jusqu’au 20 juillet à faire la somme de la perception que cet artiste majeur peut avoir d’un monde qui se dérègle souvent, à imaginer le mouvement des êtres dans la course effrénée de la vie, et chanter encore cet hymne à la science des arts visuels que permet une vie entière dédiée à l’art. Un documentaire sur l’artiste signé Gopalen Chellapermal sera projeté à l’IFM à Rose-Hill le vendredi 15 juin à 18 heures tandis que le catalogue de l’exposition sera présenté à la clôture de l’exposition.