Après sa participation à de nombreuses expositions collectives, Jennifer Or dévoile pour la première fois ses oeuvres en solo à l’hôtel Henessy Park jusqu’au 3 mai. L’artiste donne à voir 14 huiles, dont dix tournant autour de la fugacité, en exploitant le graphisme et les couleurs du papillon.
Ceux qui ne connaissent pas encore Jennifer Or ont jusqu’au 3 mai pour se rendre à sa première exposition solo à l’hôtel Henessy Park. Le temps d’admirer 14 huiles de l’artiste, qui signe ses tableaux de son deuxième prénom, Liu. Pour cette exposition, elle a porté son choix sur le papillon pour son caractère éphémère, qui renvoie à l’inconstance de l’être, notamment au cours de son développement. Mais aussi « pour sa légèreté », car, dit-elle, « nous sommes des êtres mouvants ». L’artiste continue : « C’est un parallèle entre le papillon et les différentes étapes du développement de l’être humain. Mais cela symbolise aussi la femme. »
Le médium choisi est l’huile sur canevas. « D’ordinaire, je travaille à l’acrylique. Mais j’ai voulu changer. Le travail à l’huile est différent et offre plus de possibilités », dit-elle, en expliquant que « dans la mesure où elle sèche plus lentement, je peux revenir dessus à plusieurs reprises ; c’est plus malléable ». Elle poursuit : « On travaille dans une pâte et le mélange de couleurs se fait dans le temps. Je travaille la matière jusqu’à obtenir un résultat qui me plaît. » Car l’artiste n’a aucune idée du résultat qu’elle compte obtenir lorsqu’elle commence à peindre. Elle affirme ainsi avancer au gré de ses émotions. « Je ne dessine pas. J’applique directement la peinture sur le canevas », soutient-elle.
Une des particularités de son travail réside dans l’effet que la peinture donne sur le canevas : un aspect velouté qui vous entraîne dans un univers onirique. Un effet recherché par l’artiste. Un style qui apporte de la volupté aux formes. Les lignes sont sinueuses. « Je ne travaille pas au pinceau mais à la brosse », dit-elle.
En entrant dans le hall de l’hôtel, certains seront certainement frappés par Sphinx, aux couleurs minérales. Avant que leur regard ne se pose sur la triptyque sur la gauche, au fond de la salle. Intitulé Liu, ces trois tableaux composés aux couleurs chaudes (rouge, jaune, ocre, marron… toutes nuancées), où le noir et le bleu servent de lien – pour y apporter une certaine harmonie – donnent la forme d’un papillon travaillé de manière naïve.
Mimétisme, qui se trouve dans ce même espace, donne plutôt dans des tons vert, jaune et orange. Des lignes noires de différentes épaisseurs dessinent les formes et séparent les couleurs. Le visiteur remarquera aussi les points noirs présents sur les ailes des papillons. Certains sont alliés à d’autres couleurs, comme dans Clin d’oeil éphémère. Pour l’artiste, que ce soit pour les formes ou les couleurs, « la beauté se trouve dans la nature ». Volupté est dominé par le bleu, avec une fente orangée. L’on est frappé par le jeu de lumière nocturne dans ce tableau.
Du fait d’une activité professionnelle prenante, Jennifer Or dit profiter des week-end pour peindre. Avant de composer ces peintures, elle affirme avoir beaucoup étudié les papillons. Quatre tableaux, explique-t-elle, sont anciens. Liu est un paysage à dominance de vert et d’orange. « J’aime la couleur orange », fait-elle ressortir. Une tendance qui peut d’ailleurs être vue dans la hall d’entrée de l’hôtel.
Un autre tableau, ne faisant toutefois pas partie de la thématique des papillons, est composé de quatre images travaillées à l’huile sur papier. « C’est une transfiguration de la matrice », soutient notre interlocutrice.
Jennifer Or souligne qu’elle travaille également sur d’autres thématiques. Le nu, la musique ou encore les signes et les symboles sont ses sujets de prédilections.
Jennifer Or a étudié les arts plastiques avant de poursuivre d’autres études sur le tourisme et l’hôtellerie. Sans compter ses dessins d’enfants et ses années collèges, Liu peint depuis déjà 20 ans. Au Mauricien, elle dit en tout cas ne pas regretter son « aventure » solo. « L’occasion s’est présentée et je me suis dit : c’est le moment de le faire. »