Olga Harel partage à travers ses peintures ses préoccupations spirituelles, son émerveillement et ses interrogations face au monde et aux paysages qui s’offrent à elle. Une grande partie des toiles peintes à l’huile qu’elle a présentées récemment à l’espace Ernest Wiehe, au Château de Labourdonnais, est consacrée à la quête spirituelle. D’autres traduisent de manière plus ou moins abstraite le vécu de l’artiste dans certains pays.
Huit tableaux portant le titre Fenêtre ouverte délivrent un message d’espoir, en offrant un espace pour la méditation, le repos de l’âme. Dans de subtiles nuances de gris et de beige, L’attente semble conduire vers la lumière en s’entourant d’éléments symboliques variés. Une série de tableaux s’inspire d’un voyage que l’artiste a réalisé en terre sainte. La présence de la couleur blanche, de la pureté y est frappante. Bethléem devient un jeu de rectangles blanc et bleu ciel à peine relevés par quelques petites touches rouge. Dans L’écho des rochers, la peinture est travaillée à la fois comme une matière et comme une couleur. Les couches épaisses du travail au couteau dévoilent des nuances variées de bleu, de rose et d’ocre, faisant de cet écho une sorte de chant mélodieux particulièrement impressionnant.
Des citations du peintre Chaffick Abboud sont proposées ici et là comme celle-ci : « Ce qui est le plus difficile à faire admettre, c’est que la peinture n’est pas une réflexion sur un objet, mais un vécu, un faire. » Olga Harel s’est passionnée pour cet artiste qui a exposé à l’Institut du Monde Arabe à Paris. Aussi a-t-elle beaucoup pensé à lui en peignant certains de ses tableaux particulièrement colorés. « Mettre de la couleur dans notre vie, c’est répandre de la joie dans notre coeur. » Cette autre citation rejoint plusieurs des peintures à l’huile présentée ici, qui peuvent selon les cas être plus ou moins abstraites.
Les peintures les plus récentes racontent les sensations que l’artiste a vécues en Australie, particulièrement l’intensité des couleurs qui contraste beaucoup avec d’autre séries aux teintes pastel. Cette explosion de bleu turquoise, de rose et d’orange montre qu’Olga Harel ne souhaite s’enfermer ni dans un style ni dans une palette. Chaque peinture est une aventure en soi, même si elle s’ajoute à de nombreuses autres expériences, des années de pratique de la peinture en vérité.
Ayant vécu une grande partie de sa vie en France, Olga Harel a fait partie de plusieurs ateliers, particulièrement celui du peintre Olivier Mérijon, à Versailles, qui a occasionné plusieurs expositions. Pastelliste au départ, elle a longtemps travaillé des thèmes classiques dans un style tout aussi classique, avant de passer à une expression plus personnelle de la veine de ce qu’elle a exposé ici. À Maurice, nous avons eu l’occasion de voir son travail au Salon des Artistes de l’océan Indien CEFEL, ainsi qu’à la Galerie du Coin de Mire.
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Compagnies des Indes
« Sur la route des Indes : échanges artistiques et patrimoine partagé » est l’intitulé de la conférence que donnera Louis Mézin, jeudi 1er décembre, à 18 h à l’Institut Français de Maurice, à Rose-Hill. Conservateur en chef et directeur des Musées de Nice, cet invité de l’ambassade de France fera également une intervention à l’Université de Maurice, le lendemain à 11 h sur le thème « Le XVIIIe si?cle et les compagnies des Indes. » Actuellement directeur des musées de la ville de Nice en France, Louis Mézin a dirigé la rénovation du musée d’art et d’histoire de cette ville de 2003 à 2008. Il a commencé sa carrière comme conservateur aux musées départementaux de la Martinique et a assuré la direction du musée de la Compagnie des Indes de 1991 à 2002. Enseignant en histoire de l’art et en muséologie, il est chargé de cours à l’Université de Nice Sophia-Antipolis.