L’exposition que présente le peintre Robert Maurel, à la galerie IBL à Port-Louis à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 2 novembre, vibre de lumière et d’énergie. La lumière a toujours guidé le pinceau de cet artiste qui semble en faire jaillir les formes et les couleurs. Mais la cinquantaine de toiles peintes à l’huile ou à l’acrylique et la dizaine de travaux sur papier proposés sous verre montrent cette fois-ci une forte présence humaine, des personnages du quotidien à l’oeuvre, très actifs et laborieux.
Les lavandières de Robert Maurel sont plus vivantes que jamais, donnant l’impression de veiller et converser autant qu’elles frottent et tapent le linge sur la roche. Le peintre a représenté celles de Trou-d’Eau-Douce sous différents angles, parfois en plan rapproché, parfois en contre-plongée, ou vues de plus loin, situées dans leur environnement à l’abri d’une falaise rocheuse ou immergées jusqu’au genoux dans l’eau verte d’un lavoir.
Deux tableaux, placés à l’entrée de l’exposition, montrent nos « dobi » dans une sorte de clair obscur, où elles seules accrochent la lumière avec leurs vêtements colorés, travaillant devant une paroi rocheuse particulièrement sombre. Elles se distinguent aussi par le mouvement que leur position prise dans l’instant suggère, toujours en contraste avec l’immobilité de la roche, brute ici ou taillée au lavoir. Ces scènes de la vie mauricienne prennent alors une dimension sublimée. L’instant que nous fait vivre le peintre est sacralisé par l’intelligence de la composition, la force des couleurs et les vibrations de la lumière.
Installé en France depuis les années 60, Robert Maurel n’a cessé de faire revivre ses émotions mauriciennes, grâce à son talent de peintre. Il repart de ses séjours mauriciens avec un ensemble d’esquisses, de photographies et croquis, qui lui permettront, une fois assis devant la toile vierge dans l’atelier, de les retrouver pour transmettre les émotions et les sensations que lui avait procuré l’instant vécu. Ces sources d’inspiration constituent d’ailleurs une sorte de corne d’abondance qui génère régulièrement de nouvelles compositions. Le peintre réinvente alors la composition la plus apte à transcrire l’émotion recherchée.
De nombreuses scènes de pêche sont représentées, inspirées notamment par Rodrigues, avec le rite collectif de la pêche à la senne. Différents moments en sont évoqués lorsque les pêcheurs positionnent leurs pirogues les unes par rapport aux autres dans le lagon et lorsqu’ils tiennent le rebord du filet qu’ils vont refermer autour d’un bateau, quand une prise sort de l’eau, abondante. Une scène montre même la montée à bord d’une pêche miraculeuse, le filet grouillant de poissons.