L’Eglise catholique romaine observe depuis le mercredi 5 mars, un carême d’une période de quarante jours, en vue de la célébration de la fête de Pâques, qui sera célébrée le dimanche 20 avril, qui marque ainsi la commémoration du jour où Jésus-Christ, le fils de Dieu, est ressuscité, après avoir été condamné à mort sur une croix, trois jours plus tôt.
Pendant ce temps de pénitence, les Mauricens de foi catholique observent une tradition, les 40 heures, qui a été introduite à Maurice, selon les archives du diocèse de Port-Louis, en 1873 et qui consiste à l’adoration du Saint-Sacrement, un ostensoir, placé sur le maître-autel qui se trouve à l’intérieur des églises et qui renferme l’hostie consacrée, selon la croyance du catholicisme, représentant le Corps du Christ.
La dévotion des 40 heures à l’Eglise pour les catholiques est une pratique qui remonte entre le XVe ou le XVIe siècle en Europe. Selon les archives de l’évêché, les 40 heures devant le Saint-Sacrement, en mémoire des quarante heures que le corps divin de Jésus-Christ resta dans le tombeau, eut son origine à Milan en Italie vers 1534.
Les croyants font un pèlerinage de paroisse en paroisse à travers le pays pour vénérer le Saint-Sacrement dans un esprit de piété pendant ce temps de carême, une période connue comme les 40 heures. Le nombre quarante, est un chiffre qui a une grande signification pour les chrétiens. Selon les Saintes Ecritures, le peuple de Dieu a traversé le désert en direction du pays de Canaan pendant 40 ans, sous la direction de Moïse. Jésus, fils de Dieu, au début de son ministère avait fait quarante jours de jêune dans le désert. Les quarante jours de carême est aussi un intinéraire spirituelle, de prière, de partage pour aboutir à Pâques.
Le diocèse de Port-Louis est responsable du calendrier établi pour l’exposition du Saint-Sacrément dans toutes les 106 paroisses de l’île, églises et chapelles confondues. C’est l’évêché qui décide de cette géographie de 40 heures paroissiale en tenant en ligne de compte le respect des fidèles pour leur pèlerinage des 14 églises, qui évoque les 14 stations du Chemin de croix de la Passion de Jésus.
Pour le vicaire général, cette coutume d’adoration du Saint-Sacrement consiste à prier Dieu, une prière contemplative, mentale, et sous forme de méditation. Ce curé de la paroisse de Saint François Xavier à Port-Louis, se souvient, jeune homme, qu’il aimait se rendre pour prier au Montmartre, à Rose-Hill, où le Saint-Sacrement était exposé de jour comme de nuit. Ce qui est frappant, selon le prêtre, c’est le silence qui règne pendant ce temps d’adoration à l’intérieur de l’église ou d’une chapelle, malgré les allées et venues des fidèles. Un silence inspiré, mais qui n’est pas vide de sens, un moment apte à oublier les bruits en soi, qui est aussi un instant propice pour chercher le sens divin au plus profond de soi-même. Pour Jean-Maurice Labour s’approcher du Saint-Sacrement, c’est laisser l’amour de Dieu entrer au plus profond de soi-même et il n’est nullement impossible qu’un pèlerin entende un appel de Dieu. Cependant, le prêtre déplore que des personnes profitent de ce mouvement de foule près des églises où est exposé le Saint-Sacrement pour faire du commerce avec les fidèles. L’évêché a pris des dispositions avec les autorités afin que ces vendeurs ambulants soient interdits d’accés dans un périmètre de 50 à 100 mètres des lieux de cultes pendant cette période de prière.
Le vicaire général ajoutera que le catholicisme est une religion populaire, c’est-à-dire qu’elle rejoint l’âme du peuple et ce peuple aime venir s’exposer devant le Saint-Sacrement pour se vider de ses pêchés, ses misères et ses souffrances. Autre fait frappant, soulignera le père Labour, il n’y a pas que les fidèles catholiques qui viennent adorer le Saint-Sacrement, mais aussi des personnes d’autres confessions religieuses qui sont également présentes à ces pèlerinages de 40 heures et qui se laissent porter par l’Esprit-Saint. Les paroisses où sont exposés le Saint-Sacrement attirent de nombreux fidèles de différents groupes d’âges, venant des quatre coins de l’île. Il dit que même le pape François a donné beaucoup d’importance à la religion populaire. Car pour le Saint Père, le peuple à le sens de l’Esprit-Saint.