Lalit, qui avait déjà écrit au Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour réclamer une série de mesures avant l’annonce des premiers cas de Covid-19 à Maurice, a élaboré un nouveau programme pour répondre aux besoins immédiats du fait de l’évolution de la situation. Deux demandes urgentes pour répondre à la crise ont ainsi été formulées : assurer la nourriture à toute la population et limiter le contact social afin d’arrêter la progression de la maladie.

Lalit reconnaît avant tout le « bon travail » effectué à travers le « contact tracing » pour limiter la propagation. Le parti souhaite cependant que le personnel de santé soit « bien équipé », soit avec des masques adéquats pour le nombre d’heures qu’ils sont supposés travailler. De même, ils doivent bénéficier d’un moyen de transport de leur domicile à leur lieu de travail, ainsi que les autres protections nécessaires.

Pour le mouvement de gauche, le gouvernement doit élaborer un programme de nécessités immédiates, accompagné d’un nouveau contrat social. Celui-ci inclut un revenu pour chaque famille de la République. Lalit est d’avis que même si beaucoup de familles ont encore des moyens de subsistance, très vite, l’argent commencera à faire défaut. « Un nombre important de personnes travaillent dans de petites et moyennes entreprises, et d’autres sont à leur propre compte. D’où la nécessité d’introduire un revenu tout de suite. »
Lalit demande aussi l’application d’un moratoire sur tous les emprunts et les locations. « Vu la situation, le gouvernement doit exercer un contrôle sur les prix des produits de premières nécessités, incluant le gaz ménager et les médicaments. Le rationnement devrait également être appliqué. » De même, le parti suggère que les travailleurs des services essentiels, incluant ceux de la distribution de nourriture et éboueurs, soient employés par le gouvernement avec « des conditions appropriées ».

A la fin de la crise, Lalit suggère l’arrêt de la construction de villas de luxe et qu’un tiers des terres des établissements sucriers soient utilisées « pour planter à manger » et, en même temps, créer des emplois stables. Des usines devraient être mises sur pied pour la transformation et la préservation. Au cas où les établissements sucriers refusaient de collaborer, le gouvernement devrait « réquisitionner les terres ». De même, il est suggéré que des maisons soient construites pour ceux vivant dans la promiscuité.

Finalement, Lalit est d’avis que la crise actuelle « a démontré la nécessité d’un système de santé publique universelle ». Dans ce contexte, il est souhaité que le gouvernement n’aille pas de l’avant avec son projet d’assurance médicale pour les fonctionnaires. Lalit estime que « cela affaiblira le système de santé public ». A noter que plusieurs organisations, notamment syndicales, ont soutenu les propositions de Lalit, à savoir la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public, le Mauritius Labour Congress, la Government Services Employees Associations, la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, l’All Civil Service Employees and Other Unions Federation et le Muvman Liberasyon Fam.