Alors que la météo avait émis une alerte de fortes pluies pour vendredi dernier, c’est le lendemain, lorsque l’alerte a été enlevée, que les conditions climatiques se sont détériorées. Le Sud a été particulièrement touché, ce qui a occasionné des inondations à plusieurs endroits. À Rose-Belle, Plaine-Magnien et L’Escalier, notamment, les habitants se demandent pendant combien de temps encore ils vont subir cette situation. Ils dénoncent l’absence des élus de ces circonscriptions et la lenteur mise à prendre des actions appropriées.
« La météo doit donner les bonnes informations. Hier, on avait annoncé de la pluie, mais il y avait du soleil. Aujourd’hui, on a enlevé l’alerte, mais nos maisons sont inondées. Que se serait-il passé si nos enfants avaient quitté la maison ? » Mado Bisram, habitant de morcellement Tagore, L’Escalier, est en colère devant les prévisions contradictoires de la météo. Il précise que lorsqu’il y a une alerte quelconque, les familles du quartier prennent des précautions, vu qu’il y a des toujours des accumulations. « Mais cette fois-ci, tout le monde a été pris de court ».
Ce qui explique que certains, à l’exemple de Barlen Caroopen, n’ont pu sauver leurs biens. « J’étais seul à la maison quand l’eau est montée subitement. Mon imprimante, des appareils électroménagers ont pris l’eau. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Dans le passé, Anil Baichoo était venu constater la situation de visu et nous avait promis de faire le nécessaire. Mais depuis le gouvernement a changé », dit-il.
Au cours de ces 15 dernières années, la maison de Barlen Caroopen et celles de ses voisins ont été inondées à quatre reprises. « En 2010, ma voiture était sous les eaux. J’ai dû faire toutes les réparations à mes frais. Mes appareils électroménagers étaient abîmés. J’ai dû trouver de l’argent pour en acheter d’autres ».
Jean Noël Mathieu, lui, a vu l’eau monter rapidement dans sa cour. « Je n’ai eu le temps que de placer quelques provisions sur l’armoire. Tout le reste a été balayé par l’eau ». Il dit avoir fait des efforts pour construire une maison sur ce terrain. « Ce n’est pas évident de se retrouver dans une telle situation à chaque fois ».
Les familles Haronia, Sunchora et Rabaye sont dans la même situation. Tous ont fait une plainte au poste de police de la localité hier.
Le cas d’Usha Sawaruth est encore plus dramatique. Cette dernière, qui vit avec ses trois enfants, doit évacuer la maison à chaque grosse pluie. « Toute l’eau provenant des champs de cannes descend dans le canal à côté de ma maison. Quand celui-ci déborde, ma maison est complètement inondée. Cela fait des années que ça dure et personne n’essaye de trouver une solution ».
Prise de court elle aussi par les pluies de samedi, elle n’a eu le temps que d’envoyer ses enfants chez sa belle-mère. « Le réfrigérateur, la machine à laver… tout a pris l’eau ».
À Plaine-Magnien, les habitants de la cité Paul Langlois sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère hier. Leurs maisons ont été inondées une fois de plus. Le député Ritesh Ramphul s’est rendu sur les lieux et a promis de porter la question au parlement.
Par ailleurs, entre 13 h 30 et 17 h samedi, 90 mm de pluie ont été enregistrés dans le Sud. Les pompiers ont été appelés à la rescousse dans plusieurs endroits. Quinze personnes de trois familles se sont réfugiées au Village Hall de Carreau Esnouf samedi après-midi. Elles ont quitté le centre hier. Au niveau de la météo, on indique qu’à 4 h ce matin, la pluviométrie était de 146 mm à Grand-Bassin et 93 mm à Mon-Bois.